Pour sauver le monde, tel
qu'il existe aujourd'hui, il suffit d'accepter le monde tel
qu'il est. Il n'y a que les frustrés, les envieux, les ratés qui
veulent que ça change. Aucun multi-millionnaire, sain d'esprit,
souhaite que sa situation change. C'est bien la preuve que ce sont
toujours les pauvres qui créent la pagaille. Ils veulent toujours
plus, toujours plus, les pauvres !... Ils ne comprennent pas que
les ressources de la planète sont limitées !
Les poèmes et indignations d'Yvan Avena (1930-2015), poète et créateur de la galerie Art Club.
25 février 2016
18 février 2016
Résistance
Choisir la Résistance n´est pas une décision aisée ni même recommandable aux indécis. C´est d´ailleurs cette faiblesse humaine qui permet qu'un peuple intelligent et modéré, comme peut l´être le peuple français, vote pour un substitut de l´extrême droite. Comment le pays qui a pour devise “Liberté, Egalité, Fraternité” peut-il tomber si bas ?
Je ne peux éviter de penser que l'indifférence, le pessimisme et l'apolitisme décadent des intellectuels de la fin du XXème siècle sont, en grande partie, la cause d´une telle déchéance. Si ceux qui ont pour fonction première de penser, d'inventer et d'orienter l´avenir baissent les bras et refusent le rêve et l´Utopie, que peut-on espérer des masses populaires toujours à la recherche d´un peu d'espoir ? Que peuvent offrir les hommes politiques au peuple, si leurs plus grands penseurs et poètes ne voient plus rien d'attrayant dans les idées généreuses ?
L´échec du stalinisme laisse croire, à certains, qu'il n´y a pas d'autre issue que le capitalisme sauvage. Le manque de liberté, les restrictions et le totalitarisme politique de l'ex-Union Soviétique ne devraient pas faire oublier la longue liste de violences, d'injustices et de calamités que nous apporte le capitalisme déchainé et sans freins. Je lisais dans Le Monde (27/1/06) que les “zones franches”, soit les espaces de territoires ouverts à tous les trafics et abus des industriels et des banquiers, sont passés de “850 en 1998...à plus de 5.000 en 2004". Alors ?...
Peut-on se dire poète et ignorer que, malgré l'abondance de produits industriels, des millions de nos semblables, certains à deux pas de chez nous, n'ont pas de quoi se nourrir correctement, de quoi se loger, de quoi se soigner ? Le grand poète maya-kiché Humberto Ak'abal dit :”Pour ceux / qui ne parlent pas notre langue / nous sommes invisibles”. Poète, ouvre donc les yeux !...
Je ne peux éviter de penser que l'indifférence, le pessimisme et l'apolitisme décadent des intellectuels de la fin du XXème siècle sont, en grande partie, la cause d´une telle déchéance. Si ceux qui ont pour fonction première de penser, d'inventer et d'orienter l´avenir baissent les bras et refusent le rêve et l´Utopie, que peut-on espérer des masses populaires toujours à la recherche d´un peu d'espoir ? Que peuvent offrir les hommes politiques au peuple, si leurs plus grands penseurs et poètes ne voient plus rien d'attrayant dans les idées généreuses ?
L´échec du stalinisme laisse croire, à certains, qu'il n´y a pas d'autre issue que le capitalisme sauvage. Le manque de liberté, les restrictions et le totalitarisme politique de l'ex-Union Soviétique ne devraient pas faire oublier la longue liste de violences, d'injustices et de calamités que nous apporte le capitalisme déchainé et sans freins. Je lisais dans Le Monde (27/1/06) que les “zones franches”, soit les espaces de territoires ouverts à tous les trafics et abus des industriels et des banquiers, sont passés de “850 en 1998...à plus de 5.000 en 2004". Alors ?...
Peut-on se dire poète et ignorer que, malgré l'abondance de produits industriels, des millions de nos semblables, certains à deux pas de chez nous, n'ont pas de quoi se nourrir correctement, de quoi se loger, de quoi se soigner ? Le grand poète maya-kiché Humberto Ak'abal dit :”Pour ceux / qui ne parlent pas notre langue / nous sommes invisibles”. Poète, ouvre donc les yeux !...
15 février 2016
10 février 2016
03 février 2016
26 janvier 2016
Le chat et la souris
Le chat est absent
et la souris prie;
si le chat est là
elle prie aussi;
Comme quoi toute religion a du bon...
quand tu n'as rien compris, aïe !
même le chat est saint-patron.
17 janvier 2016
Notre jardin brésilien
Notre jardin est tout petit
quelques mètres cultivés
sur plusieurs plans et degrés
jardin sur rue pour les passants
jardin intérieur pour l´intimité
et pour quand il pleut à verse
et que souffle très fort le vent
quelques fleurs en pots
pour chasser la tristesse.
Mais notre petit jardin
ce minuscule jardin de poupées
est une forêt amazonienne
dense, touffue, envahissante,
pleine d´arbres et de plantes
de massifs et de haies
aux parfums saisissants
comme du Chanel renversé
car à Goiânia il fait chaud,
ici l´été dure toute l´année.
Notre petit jardin est aussi
est un lieu de rencontre
pour les fleurs et les papillons
pour les abeilles et les bourdons
et pour de légers colobris
visiteurs de corolles variées
aussitôt arrivés ils s´enfuient.
Nos arbres toujours verts
accueillent tous les matins
une nuée de bavards perroquets
et le scandaleux “bentiviii”...
pendant que de fines tourterelles
font un petit nid sous la tonnelle
et de nombreux oiseaux de passage
aux trilles gaies de canaris
ou aux plaintes de bandonéon
chantent, s´interpellent, crient,
comme dans une forêt sauvage
au centre même de l´Amazonie.
C´est un infime jardin
qui déborde sur le trottoir
et qui sert de cachette
aux timides lézards
aux escargots aux insectes
et à notre rusé chat noir.
Ne me demandez pas
le nom des plantes
ni celui des oiseaux
notre chat s´appelle Charlie
notre maison n´a pas de numéro
parfois c´est mieux ainsi
quand on est deux et on s´aime
depuis plus de quarante ans
en Amazonie ou à Paris
car quand ont s´aime vraiment
tous les jardins sont des paradis.
11 janvier 2016
Quand il tombe des bombes
Quand il tombe des bombes
sur les tombes des morts
et il n'y a point de remords
car les autres ont tort
quand les bottes brillent
comme l'or
et marchent au pas au pas au pas...
alors
les hommes simples
tremblent au nom de la patrie
et de la liberté
au nom des plus forts
et quand les bombes tombent
et tombent
et quand il pleut du sang et des yeux
alors
alors il n'y a plus de ciel bleu
et tout le monde a tort
tout le monde a tort
quand il pleut la mort.
07 janvier 2016
Aux poètes morts
Les poètes
ne se sentent jamais seuls
dans leur tombe
ils peuvent enfin parler
sous terre les langues
poussière de soleil
poussière d´étoiles
avec Dante et Homère
avec Goethe et Hugo
avec Maïakovski et Vallejo
avec Whitman et Bellman
avec Aragon et Wang An Shih
avec Neruda et Alberti
sans oublier David M. Diop et
Césaire bien qu´il soit encore vivant.
Ils peuvent parler au vent
poussière de soleil
poussière d´étoiles
et aux poétesses de tous temps
Sappho, Al-Khansa et Edith Södergran
et surtout à Gabriela et à Alfonsina
dans les vagues de l´océan.
La langue n´est plus un obstacle
quand on dort
d´une belle mort
et la poésie est universelle
quand la terre vous protège du temps
et vous n´êtes plus que
poussière de soleil
poussière d´étoiles.
31 décembre 2015
L´amitié...
J'ai déjà signalé que le poète argentin Raúl Gustavo Aguirre disait que “le plus important de la poésie ce sont les amis”. Parmi ceux qu'ils qualifiaient d'amis il y avait tout le groupe de “poesía buenos aires” : Nicolás Espiro, Wolf Roitman, Edgard Bayley, Rodolfo Alonso, Mario Trejo, Omar Rubén Aracama, Jorge Carrol, Luis Yadarola et aussi Daniel Saidón, Carmelo Arden Quin, Juan Carlos Paz, Jorge de Souza sans oublier les étrangers comme René Ménard, Carlos Drummond de Andrade et René Char et j'arrête là car, si je continuais la liste de tous les amis de Raúl Gustavo Aguirre et de la revue “poesía buenos aires”, je remplirais plusieurs pages. J'en ai connu plusieurs...
Quant à l´amitié de ceux qui m'aidèrent, pendant plus de trois quart de siècle, à traverser la forêt, pleine de dangers et de pièges, qu'est une vie de voyages et de découvertes, je leur offre toute ma reconnaissance. Merci les amis ! Merci ! Ils sont tellement nombreux qu'il me faudrait plusieurs années et plusieurs livres pour leur rendre hommage. A chaque étape de ma vie j'ai rencontré des gens biens, des gens généreux, des compagnons de route qui m'ont enseigné ce qu'on ne trouve pas dans les livres ni à l'école ni à l'église : l'expérience de la vraie vie. Oui, ils m'ont appris ce que les parents cachent, ce que les enseignants n'ont pas le droit de dire, ce que les prêcheurs religieux dissimulent : l'inextricable complexité des relations humaines ! C'est dans le contact affectif avec les autres, c'est dans les échanges, c'est dans l´amour et aussi dans la haine que nous portons aux autres qu'on trouve nos repaires, nos forces et aussi... nos propres limites.
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