09 juillet 2010

Mes métiers à Buenos Aires III

Après quelques mois passés dans tous les postes de montage de l´usine de machine à laver le linge j´y appris, entre autres, la valeur du savoir faire et les rudiments de la langue italienne. Néanmoins, épuisé par le manque de sommeil, je me présentais dans une usine textile proche de chez moi. Je fus employé comme aide mécanicien de métiers à tisser. J´appris à nouer, un à un, 1.500 fils de chaîne en 2 heures. J´appris aussi à supporter le bruit infernal des machines. Tous les tisserands deviennent, en vieillissant, plus ou moins sourds. On arrivait néanmoins, par des mots simples, à communiquer. Les tisseuses m´aimaient bien car je ne refusait jamais de les remplacer quand elles allaient aux toilettes. Même alors les machines ne devaient pas s´arrêter. Si elles tardaient trop, le contremaître les appelaient pour qu´elles reprennent leur place.
Quand il y avait un ajustage sur une machine le mécanicien m´envoyait chercher un outil. Quand je revenais la réparation était faite. Il gardait son savoir-faire comme un capital d´assurance-travail.
Dans les salles de filature, pour que les fils soient moins cassants, on maintenait, artificiellement, un haut degré d´humidité. En été ça devenait un sauna. Les ouvrières qui y travaillaient, tombaient comme des mouches. Elles avaient quelques minutes de repos pour se remettre. Ce n´était pas l´enfer, mais bien un avant-goût !
Pour moi c´était très acceptable. J´allais à pied à mon travail et je travaillais que de 6 heures du matin à 13 heures. Après le déjeuner je pouvais faire une sieste avant de traverser la ville pour aller à mes cours du soir.

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