Pour une certaine catégorie d´intellectuels la poésie est essentiellement un dérèglement du langage établi et, à ce titre, elle doit être regardée comme une forme de déviation sémantique suspecte. Pour d´autres il s´agit d´un alignement, plus ou moins harmonieux, de mots et de pensées hautement spirituels, dignes d´attention pourvu qu´ils respectent les règles grammaticales. D´autres encore nous expliquent que ce qui est important n´est pas ce qui est dit, mais ce qui se cache derrière les mots. Mais le fin du fin, l´excellence, le Nirvâna, c´est quand ce qui est caché dans le poème est vide de sens, vide de contenu, vide de tout engagement car alors nous entrons dans le vénéré domaine de la poésie “pure”. Plus le poète est abscons plus “pur” il est considéré.
Parallèlement, ces milieux intellectuels hautement raffinés, cultivés et établis, qui se délectent dans la recherche de sens cachés de mots qui ne veulent rien dire, s´acharnent, sans relâche, à dénigrer la poésie engagée qu´ils assimilent, quelque soit sa valeur littéraire, à de la propagande. Ce sont ces théoriciens qui ont décidé un jour que “l´on ne fait pas de la bonne poésie avec des bons sentiments”. Comme si le fait de n´avoir pas de sentiments - ou pire encore : de les cacher... - était une garantie de bonne poésie. Comme si le fait d´être attentif aux misères et aux espoirs des hommes de son temps était un obstacle pour écrire de la bonne poésie.
J´affirme ici que, si l´engagement social ne fait pas nécessairement de bons poètes, l´égoïsme et l´indifférence seront jamais de bon ingrédients pour la vraie poésie.
Goiânia (janvier 2007)
Les poèmes et indignations d'Yvan Avena (1930-2015), poète et créateur de la galerie Art Club.
24 février 2007
20 février 2007
La grande poésie
La grande poésie
est faite
d´un grand nombre
de petites poésies
de poésie honnête
bien faite
par de petits poètes
de bonne volonté
qui par addition
ou par adhésion
deviendront un jour
peut-être
de vrais grands poètes
mais ils ne le sauront
jamais
car la vraie poésie
la poésie immortelle
la divine poésie
reste un mystère
infini et maudit
puisque personne ne sait
reconnaître avec certitude
la vraie grande
poésie
sauf peut-être
quelques rares poètes
pleins de doute
sur la poésie
d´aujourd´hui
Goiânia (janvier 2007).

Pierre de Freitas
Gouache sur papier
est faite
d´un grand nombre
de petites poésies
de poésie honnête
bien faite
par de petits poètes
de bonne volonté
qui par addition
ou par adhésion
deviendront un jour
peut-être
de vrais grands poètes
mais ils ne le sauront
jamais
car la vraie poésie
la poésie immortelle
la divine poésie
reste un mystère
infini et maudit
puisque personne ne sait
reconnaître avec certitude
la vraie grande
poésie
sauf peut-être
quelques rares poètes
pleins de doute
sur la poésie
d´aujourd´hui
Goiânia (janvier 2007).

Pierre de Freitas
Gouache sur papier
13 février 2007
J’affirme et je n’en sais pas plus que vous
J´affirme du haut de mon âge
que si le mur de Berlin
était une honte
comme disait unanimement la presse
des pays libres
le mur de Tijuana
est une triple-honte
que la presse “libre” oublie de dénoncer.
Alors moi, infime poète,
j´affirme que partout où il y a des murs
qui empêchent de circuler
c´est qu´il y a quelque chose
de honteux à cacher.
J´affirme qu´il y a des pays riches
qui dépensent beaucoup plus
pour défendre leur mur
que pour l´aide humanitaire
qu´ils pourraient apporter
aux quelques malheureux
qui veulent le franchir.
J´affirme que partout où il a des murs
qui séparent les hommes
il y a les premiers signes
de la fin d´une civilisation
Je sais que ceci n´est pas un vrai poème
mais qu´est-ce que je me sens bien !
Goiânia (janvier 07)

cliquez sur l'image!
que si le mur de Berlin
était une honte
comme disait unanimement la presse
des pays libres
le mur de Tijuana
est une triple-honte
que la presse “libre” oublie de dénoncer.
Alors moi, infime poète,
j´affirme que partout où il y a des murs
qui empêchent de circuler
c´est qu´il y a quelque chose
de honteux à cacher.
J´affirme qu´il y a des pays riches
qui dépensent beaucoup plus
pour défendre leur mur
que pour l´aide humanitaire
qu´ils pourraient apporter
aux quelques malheureux
qui veulent le franchir.
J´affirme que partout où il a des murs
qui séparent les hommes
il y a les premiers signes
de la fin d´une civilisation
Je sais que ceci n´est pas un vrai poème
mais qu´est-ce que je me sens bien !
Goiânia (janvier 07)

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07 février 2007
Saison des pluies
Ploc ploc ploc
ne voilà-t-il pas qu´il pleut
sur notre tapis afghan !
Puis l´eau descend
comme un agile serpent
sur la tige du ventilateur
et la lampe centrale
devient un aquarium-fleur
pour mouches hydrocéphales !
Ploc ploc ploc
la pluie en furie
poussée par le vent
tape sur la fenêtre meurtrie
coule sur le mur
et sous le divan
vers les marches de l´escalier.
Ploc ploc ploc
c´est le plombier
mais ce n´est pas son travail
nous dit-il de réparer les excès
de vieux anges incontinents
quand le ciel couvre la chaussée
et dévale comme un torrent
d´eau de boue et parfois pire
la saison des pluie est arrivée
et elle n´est pas là pour rire !
Goiânia (janvier 2007)
ne voilà-t-il pas qu´il pleut
sur notre tapis afghan !
Puis l´eau descend
comme un agile serpent
sur la tige du ventilateur
et la lampe centrale
devient un aquarium-fleur
pour mouches hydrocéphales !
Ploc ploc ploc
la pluie en furie
poussée par le vent
tape sur la fenêtre meurtrie
coule sur le mur
et sous le divan
vers les marches de l´escalier.
Ploc ploc ploc
c´est le plombier
mais ce n´est pas son travail
nous dit-il de réparer les excès
de vieux anges incontinents
quand le ciel couvre la chaussée
et dévale comme un torrent
d´eau de boue et parfois pire
la saison des pluie est arrivée
et elle n´est pas là pour rire !
Goiânia (janvier 2007)
03 février 2007
Notre jardin brésilien
Notre jardin est tout petit
quelques mètres cultivés
sur plusieurs plans et degrés
jardin sur rue pour les passants
jardin intérieur pour l´intimité
et pour quand il pleut à verse
et que souffle très fort le vent
quelques fleurs en pots
pour chasser la tristesse.
Mais notre petit jardin
ce minuscule jardin de poupées
est une forêt amazonienne
dense, touffue, envahissante,
pleine d´arbres et de plantes
de massifs et de haies
aux parfums saisissants
comme du Chanel renversé
car à Goiânia il fait chaud,
ici l´été dure toute l´année.
Notre petit jardin est aussi
est un lieu de rencontre
pour les fleurs et les papillons
pour les abeilles et les bourdons
et pour de légers colobris
visiteurs de corolles variées
aussitôt arrivés ils s´enfuient.
Nos arbres toujours verts
accueillent tous les matins
une nuée de bavards perroquets
et le scandaleux “bentiviii”...
pendant que de fines tourterelles
font un petit nid sous la tonnelle
et de nombreux oiseaux de passage
aux trilles gaies de canaris
ou aux plaintes de bandonéon
chantent, s´interpellent, crient,
comme dans une forêt sauvage
au centre même de l´Amazonie.
C´est un infime jardin
qui déborde sur le trottoir
et qui sert de cachette
aux timides lézards
aux escargots aux insectes
et à notre rusé chat noir.
Ne me demandez pas
le nom des plantes
ni celui des oiseaux
notre chat s´appelle Charlie
notre maison n´a pas de numéro
parfois c´est mieux ainsi
quand on est deux et on s´aime
depuis plus de quarante ans
en Amazonie ou à Paris
car quand ont s´aime vraiment
tous les jardins sont des paradis
Goiânia (janvier 2007)
Cliquez sur l'image...

quelques mètres cultivés
sur plusieurs plans et degrés
jardin sur rue pour les passants
jardin intérieur pour l´intimité
et pour quand il pleut à verse
et que souffle très fort le vent
quelques fleurs en pots
pour chasser la tristesse.
Mais notre petit jardin
ce minuscule jardin de poupées
est une forêt amazonienne
dense, touffue, envahissante,
pleine d´arbres et de plantes
de massifs et de haies
aux parfums saisissants
comme du Chanel renversé
car à Goiânia il fait chaud,
ici l´été dure toute l´année.
Notre petit jardin est aussi
est un lieu de rencontre
pour les fleurs et les papillons
pour les abeilles et les bourdons
et pour de légers colobris
visiteurs de corolles variées
aussitôt arrivés ils s´enfuient.
Nos arbres toujours verts
accueillent tous les matins
une nuée de bavards perroquets
et le scandaleux “bentiviii”...
pendant que de fines tourterelles
font un petit nid sous la tonnelle
et de nombreux oiseaux de passage
aux trilles gaies de canaris
ou aux plaintes de bandonéon
chantent, s´interpellent, crient,
comme dans une forêt sauvage
au centre même de l´Amazonie.
C´est un infime jardin
qui déborde sur le trottoir
et qui sert de cachette
aux timides lézards
aux escargots aux insectes
et à notre rusé chat noir.
Ne me demandez pas
le nom des plantes
ni celui des oiseaux
notre chat s´appelle Charlie
notre maison n´a pas de numéro
parfois c´est mieux ainsi
quand on est deux et on s´aime
depuis plus de quarante ans
en Amazonie ou à Paris
car quand ont s´aime vraiment
tous les jardins sont des paradis
Goiânia (janvier 2007)
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30 janvier 2007
Art et non-art à Goiânia - 4
Par contre le Musée de la Ville présente un peintre d´un modernisme assez classique mais de grande finesse et sensibilité. Son nom est Pierre de Freitas. Surpris par son excellente maîtrise du français je lui demandais : Où avez-vous appris la langue ? - “A la légion étrangère...” il me répondit. Non seulement j´ai apprécié son travail mais nous avons ajouté à notre collection quatre de ses dessins.
27 janvier 2007
Art et non-art à Goiânia - 3ème partie
Etre hors des modes certes, mais en gardant néanmoins les trois conditions essentielles du grand art de tout temps : l´originalité, le métier et le contenu.
Les artistes Dada refusèrent ostensiblement toutes les conventions admises par la société bourgeoise - c´était en 1916 - au milieu d´une des guerres les plus meurtrières et absurdes de l´histoire. Pour se faire entendre - ils étaient jeunes et peu nombreux - ils utilisèrent la dérision et la provocation culturelle. Ils était alors originaux dans leur démarche, leur compétence suffisante pour qu´on en parle encore aujourd´hui et le contenu contestataire, contre la guerre, reste toujours d´une grande actualité. Mais où est l´originalité des “avant-gardes de musée” contemporaines ? Où est la qualité technique de leur métier d´artistes ? Où est, pour finir, le contenu social, moral ou philosophique de leurs oeuvres ? Voilà, c´est là où je voulais en venir. Ce n´est pas l´avant-garde internationale que je refuse mais sa désolante médiocrité. C´est, hélas ! la sensation que m´a donné le Salon National d´Art de Goiás, où seulement deux artistes régionaux étaient sélectionnés : Une sensation déprimante de déjà vu. La seule originalité, due aux organisateurs, est qu´il a lieu dans le garage d´un immense centre commercial qui attire des milliers de visiteurs.
à suivre
Les artistes Dada refusèrent ostensiblement toutes les conventions admises par la société bourgeoise - c´était en 1916 - au milieu d´une des guerres les plus meurtrières et absurdes de l´histoire. Pour se faire entendre - ils étaient jeunes et peu nombreux - ils utilisèrent la dérision et la provocation culturelle. Ils était alors originaux dans leur démarche, leur compétence suffisante pour qu´on en parle encore aujourd´hui et le contenu contestataire, contre la guerre, reste toujours d´une grande actualité. Mais où est l´originalité des “avant-gardes de musée” contemporaines ? Où est la qualité technique de leur métier d´artistes ? Où est, pour finir, le contenu social, moral ou philosophique de leurs oeuvres ? Voilà, c´est là où je voulais en venir. Ce n´est pas l´avant-garde internationale que je refuse mais sa désolante médiocrité. C´est, hélas ! la sensation que m´a donné le Salon National d´Art de Goiás, où seulement deux artistes régionaux étaient sélectionnés : Une sensation déprimante de déjà vu. La seule originalité, due aux organisateurs, est qu´il a lieu dans le garage d´un immense centre commercial qui attire des milliers de visiteurs.
à suivre
26 janvier 2007
Art et non-art à Goiânia - 2ème partie
Quels sont parmi ces artistes les plus originaux, les plus créateurs, les plus représentatifs du monde contemporain ?...
Ce serait, je pense, une erreur de croire qu´en adoptant l´un ou l´autre de ces courants on devient plus ou moins “moderne”. C´est le génie du créateur qui crée la mode et non pas la mode qui crée le talent. Ce n´est pas parce que le cubisme ou le surréalisme furent, à une époque, des mouvements extrêmement fertiles et innovants que l´on devait ignorer toute la richesse de la recherche abstraite ou expressionniste (“L´art dégénéré” selon les nazis...). Le devoir des critiques, des conservateurs de musées (ô le vilain mot !) et surtout celui des artistes est de chercher se qui ce fait hors des modes, hors des sentiers battus, hors des conventions éculées.
à suivre
Ce serait, je pense, une erreur de croire qu´en adoptant l´un ou l´autre de ces courants on devient plus ou moins “moderne”. C´est le génie du créateur qui crée la mode et non pas la mode qui crée le talent. Ce n´est pas parce que le cubisme ou le surréalisme furent, à une époque, des mouvements extrêmement fertiles et innovants que l´on devait ignorer toute la richesse de la recherche abstraite ou expressionniste (“L´art dégénéré” selon les nazis...). Le devoir des critiques, des conservateurs de musées (ô le vilain mot !) et surtout celui des artistes est de chercher se qui ce fait hors des modes, hors des sentiers battus, hors des conventions éculées.
à suivre
24 janvier 2007
Art et non-art à Goiânia - 1ère partie
Je ne voudrais pas importuner les lecteurs de "Florilège" avec des articles sur un art brésilien qu'ils n'auront guère l'occasion de voir. Par ailleurs la revue étant en noir et blanc, il est difficile de montrer des images d'oeuvres dont la couleur est dominante. Mais après avoir vu, en deux jours, deux importantes expositions à Goiânia : l'une d'art et l'autre de non-art, je voulais en parler car il s'agit non plus d'un événement régional brésilien mais d'un phénomène mondial. D'une part des artistes qui essayent de respecter quelques valeurs essentielles du grand art du passé et d'autres, par contre, qui jettent par dessus bord toutes les vieilles conventions esthétiques pour en adopter de plus récentes.
Bientôt la suite...
Bientôt la suite...
20 janvier 2007
Dictionnaire des écrivains de Goiania

Entrée sur Yvan Avena :
Naceu em Marseille-França, no dia 7 de agosto de 1930.
Filho de Juan Pedro et Rosa Portes
Graduado en Engenharia Mecânica.
Artista plástico.
Residente em Goiânia.
Obra :
Et bientôt l’An 2000. Edição do autor.
Pequeña e injusta antologia de la poesia guatemalteca.
Bilbao : editora Poesia Toda
Las blancas estaciones
Bilbao : editora Poesia Toda
Petites fleurs volées dans le jardin des nymphes
Paris : editora Vericuetos
Poesia brasileira (Goiânia),
Goiânia : editora Kelps, 2003
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