09 février 2014

A lire et à méditer





En 2010 j´ai réuni, dans un livre artisanal, cinq articles sur la situation politique et culturelle de la France pour l´envoyer aux copains qui partagent mon indignation. Ces articles étaient les suivants :
-« La publicité nuit gravement à la santé de l´environnement » par Michael Löwy et Etienne Rodary.
-« Le manifeste de neuf intellectuels antillais pour des sociétés pos-capitalistes ».
-« La culture pour une économie durable » et « La culture sous le régime impérial » par André Rouillé.
-« Meilleurs voeux pour 2010 » par Jean-Luc Gonneau.
Ces textes et ces commentaires engagés, que mon épouse a glanés sur internet, sont insuffisamment diffusés. Ces articles, inquiétants par leur franchise et leur clairvoyance, ne sont guère publiés par la presse dite « libre » qui envahit les kiosques à journaux. La « globalisation », dont certains journalistes parlent sans trop approfondir le sujet, n´est rien d´autre que le totalitarisme ploutocratique qui nous gouverne.

Bien que les opinions hostiles au gouvernement ne soient plus punies, en Europe, par des persécutions ou des disparitions, les contestataires sont toujours considérés comme des perturbateurs de l´ordre. Mais, de nos jours, les méthodes « démocratiques » de conditionnement des cerveaux sont plus subtiles. Partout, sans interruptions, nous recevons des milliers de messages publicitaires qui nous transforment en dociles consommateurs de produits industriels. L´essentiel, voyez-vous, c´est que vous souteniez le « libre marché » en achetant toujours plus...  

02 février 2014

Logement

Logements à Montmartre dont un saccagé par des vandales



Chacun doit avoir un toit
un refuge
un emploi
chacun doit pouvoir construire
un cabanon ou une villa
pour avoir son petit chez-soi
en ciment en briques
ou en bois
des murs des fenêtres
des portes et un toit
un pays
et un vrai emploi
pour vivre heureux
chez soi
entouré d´amour et d´amis.

Encore une utopie ?...Merde alors !
Pourquoi la vie est-elle si compliquée ?

26 janvier 2014

Le crédit en Argentine en 1940



Dans ma jeunesse, en Argentine, on ne connaissait pas le crédit de longue durée. On achetait quelque chose de cher que quand on avait les moyens de le payer... au comptant. Il n´y avait que dans les films où parfois, pour faire rire, on voyait l´élégant héro se cacher de son tailleur de quartier car il lui devait encore de l´argent sur son dernier costume. Le costume était la grande dépense somptuaire, obligatoire, de l´ouvrier. Pourquoi obligatoire ? Car pour entrer dans une salle de cinéma ou dans n´importe quel restaurant ou lieu de spectacle, il fallait avoir veste et cravate. Même au lycée c´était, pour les garçons, veste et cravate obligatoires (pour les filles c´était la blouse blanche. Bien entendu les lycées n´étaient pas mixtes !). Par ailleurs, un ouvrier ne pouvait pas monter, en vêtements de travail, dans un bus. Toutes les usines avaient des douches et des vestiaires pour que les ouvriers puissent se changer avant de partir. Souvent ils échangeaient leur bleu de travail, contre un beau costume et une chemise blanche agrémentée d´une cravate ainsi que de chaussures bien cirées. Le prolo sortait de la crasse de son atelier pour se transformer, dans la rue, en prince charmant. Il devenait, au niveau de l´élégance, l´égal du patron sauf que le patron se distinguait du salarié, par sa voiture personnelle.

Par contre si les modestes ne s´endettaient pas au-delà de leurs possibilités financières, l´épicier, le boucher, le boulanger et le laitier (qui laissait ses bouteilles de lait devant la porte de la maison !) se faisaient payer une fois par mois, le jour après la réception du salaire. Plus tard, les commerçants savaient que c´était très risqué !

Chroniques indignées II

18 janvier 2014

Les patrons ont-ils gagné ?...




Que peut dire ou faire le petit peuple des électeurs, quand il découvre que les responsables politiques, qu’il a élus pour qu'ils gouvernent et défendent les intérêts de leur pays, ont signé, par négligence ou par opportunisme , des accords internationaux qui les empêchent d 'exercer leurs fonctions? Ils n'ont plus aucun pouvoir car ils ont été manipulés et dépossédés par le seul vrai décideur, dans un pays capitaliste : l'argent ! Le Medef ose affirmer: « Sans nous vous ne pouvez pas gouverner ». Mais certains citoyens responsables se posent la question de savoir, si c'est encore possible de gouverner avec eux ?
Pourtant les patrons, malgré les nombreux avantages obtenus, ne sont toujours pas contents ! Pour eux payer des impôts sur le revenu est un abus de pouvoir de l’État !

Pour investir en France ils demandent à l’État d'alléger les charges, de réduire les impôts, de donner plus de souplesse dans la gestion du personnel, de généraliser les contrats à durée limitée, etc. Il exigent, pour que l'entreprise soit compétitive, tellement de mesures au détriment des travailleurs, qu'un retour à l'esclavage n'est plus à écarter. Malgré les avantages qu'ils ont obtenus les entrepreneurs s'éloignent, progressivement, à travers les achats et les ventes en bourse , de leurs pays d'origine et s'installent dans des « paradis fiscaux » qui leur offrent tellement de facilités au niveau des impôts, des salaires et des capitaux que plus aucun pays développé (soit les pays jusqu'alors dominants, car industrialisés et socialement avancés) ne pourra céder, à leurs exigences, sans tomber dans la déchéance sociale. Jusqu'où iront-ils ?... 

Chroniques indignées II

05 janvier 2014

Que peut-on raconter dans un blog un dimanche matin, à Goiânia, après une bonne nuit de sommeil et un délicieux petit déjeuner ?


Tomie Ohtake


La mondialisation n'a pas que du mauvais : pour preuve mon petit déjeuner ce matin. Ma chère épouse m'avait préparé (comme chaque jour) une délicieuse salade de fruits tropicaux (Puisque nous vivons sous les tropiques, autant en profiter, n'est-ce pas !). Mais la suite du petit déjeuner devait plus aux échanges commerciaux internationaux qu'à la production locale. Les petits pains briochés était certes, fabriqués sur place, mais avec des recettes européennes, par contre la confiture était 100% française, fabriquée, selon l'étiquette par Casino mais, d'après moi, dans les usines de « Bonne Maman » (A moins, bien entendu, qu'elles aient été rachetées par Casino). Voilà la bonne question : Qui sont les actionnaires majoritaires de la chaîne brésilienne « Pão de Açucar » qui distribue les produits Casino dans ses super-marchés de Goiânia, dont la confiture que j´achetais en France avec l'étiquette « Bonne Maman ». Ça devient très compliqué mais ne vous inquiétez pas : c'est voulu ! De toutes façons c'est certainement plus compréhensible que les ignobles combines d´achat et de vente d´entreprises nationales qui deviennent, par les subtiles lois du libre marché : « Internationales » (financées par nos banques). Plus tard, par les saines lois de l´évasion fiscale, ces fraudeurs deviennent des : « Entreprises transnationales ». C´est alors qu´elles commencent à délocaliser toutes leurs fabrications dans des territoires « off-shore », à la grande indignation des syndicats ! Ne croyez vous pas que, quelque part, on se moque de nous ?

Chroniques indignées II

01 janvier 2014

Ma nuit du jour de l´indépendance du Brésil


Pez (vers 1942) - Joaquin Torres-Garcia


La nuit du 7 au 8 septembre fut la plus bruyante que nous ayons vécue, dans notre quartier, depuis notre arrivée au Brésil. Ça a commencé avec un feu d'artifice ! Suivi par des chants scandés par des centaines de voix, avec plus d'enthousiasme que de talent. Nous sommes habitués aux bruits de ces manifestations sonores, plus ou moins musicales, car elles se répètent lors de chaque rencontre de football dans le stade. Le grand stade se trouve à, plus ou moins, deux kilomètres de chez nous, mais les chants de guerre des supporters arrivent a faire trembler nos fenêtres. Mais ce soir là il y avait quelques chose d'inhabituel : Après les chants, accompagnés par moment de musique légère, il y avait des discours enflammés hurlés dans un microphone ! Je supposais, étant donné le volume des hauts-parleurs, qu'il s´agissait de discours patriotiques. Le matin j´appris, par une voisine, que j'avais tout faux : Il s´agissait d'une gigantesque réunion organisée par une église protestante ! Les chants et la musique étaient des psaumes à Jésus-Christ qui, déformés par la distance, me faisait croire qu'elle provenait d´une fête organisée par les supporters du club de foot. Quand aux discours, c'était rien d'autre que des exhortations et des prières destinées à renforcer la foi des croyants.

Cette manifestation religieuse dura, sans interruptions et sans que les participants baissent le volume, de 10 heures du soir à 6 heures du matin ! Fort heureusement la fête à fini un dimanche, donc les voisins catholiques (toujours majoritaires dans ce pays) auront pu faire, Dieu merci ! la grasse matinée, après une nuit blanche ! 

Chroniques indignées II 

23 décembre 2013

Du bon et du mauvais Cinéma...




Nous adorons le cinéma. Il ne se passe pas un jour sans que nous voyons un ou deux films sur le grand écran de notre téléviseur. Le câble assure un grand choix, mais pas toujours la qualité ! Monique, ma compagne très cinéphile, complète ses connaissances (et les miennes) à travers les informations que nous fournit internet. Parfois même elle revoit, sur son écran d´ordinateur, de vieux films.
C´est depuis peu que j'ai commencé, dans mes articles à contenu politique, pour mon blog, a écrire sur certains films qui m´ont impressionné par la force et la richesse de leur message social. De temps à autre les cinéastes de gauche (oui, ça existe !...mais ils sont rares !), obtiennent miraculeusement des financements pour faire un film critique sur des événements politiques anciens ou d´actualité. Ces films nous font découvrir, en seulement 1 heure ½ , un bon nombre d´images, de sons et d'émotions, que même les meilleurs livres n'arrivent pas à nous transmettre. Le cinéma peut être du très grand art, car il peut figer, sur une pellicule, le temps qui passe. C´est grâce aux films que nous continuons à voir et à admirer des personnages qui sont morts depuis des décennies. C´est également le cinéma qui permet de reconstituer notre mode de vie (ou de survie) à des époques très anciennes (y compris d'avant l'écriture), pas toujours d'une véracité très scientifique, mais qui nous donne néanmoins une idée des progrès de l´homme.

Quand on dit le mot « cinéma », une lampe s´allume dans notre cerveau. Cette lumière nous apporte des souvenirs, parfois plus marquants que ceux de la vraie vie !

Chroniques indignées II

15 décembre 2013

Cinéma




Hier soir nous découvrîmes, par hasard, un film nord-américain surprenant : « Walkout » produit par Edward James Olmos C`est le récit de la genèse (et de l´explosion) de la révolte de « chicanos » en Californie en 1968. Contre les institutions scolaires qui les discriminaient. A la fin du film le producteur signale, qu'avant cette révolte, seulement 25 jeunes, d'origine mexicaine, étaient admis à l´université. Après que ce mouvement de protestation d´étudiants (violemment réprimé par la police casquée et armée de bâtons !) ait obtenu le soutien, massif, des parents, des voisins et des amis pour que les 12 étudiants arrêtés soient libérés, les autorités scolaires portent enfin plus d´attention aux exigences culturelles, légitimes, des étudiants « latinos ». Suite à ce mouvement de protestation, ce sont 1.200 étudiants « chicanos » qui sont admis dans les universités américaines ! C´est l´histoire d´une juste révolte qui réussit, bien que le problème de l'émigration illégale de Méxicains aux Etats-Unis soit toujours autant réprimée par la police des frontières. Le vrai mur, en plaques d'acier, qui sépare le Mexique des Etats-Unis (Oui, ceci me rappelle un certain « rideau de fer » qui était considéré « ignoble » par les pays du « monde libre », donc par les Etat-Unis). S´agit-il d´un mur qui sépare deux pays ennemis ? Bien que ça puisse paraître étrange, ces deux pays voisins partagent un même marché commun, avec libre circulation des marchandises et des capitaux, mais pas des personnes ! Mais que penser de tous ces courageux journalistes qui dénonçaient le mur de Berlin et qui se taisent maintenant pour celui de Tijuana ?

Chroniques indignées II

08 décembre 2013

Le vieux poète handicapé III...

Elias Adasme


Je vais mettre fin à cette série sur les compétitions en m'opposant, sans ambiguïtés, à toutes les grandes rencontres sportives internationales médiatisées. Des rencontres entre jeunes sportifs, pour des matchs amicaux, seraient non seulement plus agréables et utiles, mais devraient se multiplier pour permettre aux régions et aux pays voisins de mieux se connaître. Chaque rencontre entre équipes de deux ou trois pays, pas plus (ceci pour éviter au pays qui accueille des investissements pharaoniques !). Les échanges sportifs seraient accompagnés de quelques conférences, illustrées de films, sur la culture des pays concernés et quelques visites, aux musées ou à un concert de musique contemporaine. Ces visites - qui ne dureraient pas plus de 10 jours - pourraient être organisées et, y compris, financées par de petites villes, ce qui éviterait la dépendance des organisateurs à la publicité commerciale des entreprises multinationales. Le premier mariage entre un jeune garçon et une jeune fille de deux villes éloignées (donc qui, sans ces rencontres sportives, ne se seraient jamais connus) ferait l´objet de grandes fêtes, à tour de rôle, dans chacune des villes concernées.

Nous recommanderions également, sans que ça soit obligatoire, d´essayer de pérenniser des échanges commerciaux ou culturels, même à très petites échelles, entre les deux villes concernées. Ces initiatives donneraient un sens social aux sport et une continuité dans les rapports, au-delà de l´exploit . Exploit qui, comme on le sait, n'a qu'une durée éphémère qui apporte plus de déceptions et d'amertume, à son entourage, que de réelles amitiés. 

Chroniques indignées II

01 décembre 2013

Le vieux poète handicapé II...

Graciela Sacco - Bocanada (2013) - Boulevard Raspail, Paris - © Daniel Avena


Que peut-on penser de ces grandioses et très médiatisées « Paraolympiades 2012 » de Londres ? Ma première réaction est positive : je pense que c´est louable de donner une chance, aux handicapés, de montrer qu´ils existent et n´ont aucune raison de se cacher ! Ils démontrent, par la même occasion, que malgré leur handicap (parfois très grave) ils peuvent non seulement partager l´existence des gens « normaux », mais même parfois les dépasser par des exploits physiques...Si nous restons dans ce cadre idylique, nous ne pouvons pas faire autrement que de soutenir les organisateurs d´une telle fête. Mais comme nous ne sommes pas du genre à approuver, sans analyser un peu le pourquoi et le comment des choses, je vais poser aux organisateurs des jeux (qui ne me liront jamais, malgrè que je sois un poète handicapé) quelques questions occultées. « La poésie n´entre pas en compétition !... » disait le poète argentin Raúl Gustavo Aguirre !

-Est-ce acceptable que l´on mette en concurrence des athlètes - handicapés ou pas - en représentation de leur pays, pour savoir celui qui est le plus fort, le plus rapide ou le plus habile ? Est-ce la bonne méthode pour combattre le nationalisme borné et excluant et de favoriser la coopération pacifique entre pays ? Qu´en pense d´ailleurs le Secrètaire Général des Nations Unies ? Est-il favorable aux Jeux Olympiques, au Championat Mondial de Football et à toute les mutiples rencontres internationales sportives, généreusement subventionnées par la publicité des grands groupes industriels et financiers multinationaux ? Est-ce vraiment par amour du sport, qu´ils financent ?...

Chroniques indignées II