11 juin 2010

Mes métiers à Buenos Aires I

Ma mère décida de déménager dans une petite maison, proche du pont de Saavedra, qui sépare la capitale de la province. C´est une simple division administrative car la mégapole s´étend des quartiers Sud, sans interruption, sur des dizaines de kilomètres, jusqu´au delta du Tigre. Buenos Aires et sa banlieue forment un tout immense, relié au centre ville par de larges avenues, aujourd´hui saturées de voiture et de bus.
La division sociale est plus marquée et évidente entre le Sud prolétaire et le Nord bourgeois. Ce nouveau déménagement détermina, plus tard, tout mon avenir.
Au lycée je fus nommé pion des plus jeunes classes et exempté, de ce fait, du paiement des cours. Mais mon ambition était d´avoir plus d´argent de poche.
C´est ainsi que je trouvais au centre ville, à mi-temps, un emploi à la Bombe Atomique ! La Bombe Atomique était une boutique de dessous féminins. J´étais garçon de courses. C´était mon premier emploi rémunéré ! J´avais 17 ans et les vendeuses se moquaient de ma timidité. Malicieuses, elles me demandaient de les accompagner dans la cave car “elles avaient peur des rats !”. Je ne suis resté à la Bombe Atomique que quelques semaines. Natalio me trouva un emploi, plus digne, dans un nouveau lycée technique du textile. Je faisais office de pion et aussi de traducteur de livres techniques pour le Directeur.
Je donnais, parfois, des cours aux plus jeunes. J´ai dû attendre quelques mois pour être payé, mais je fus titularisé. C´est alors que commença l´enfer de ma jeunesse d´étudiant et de travailleur à mi-temps.

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