23 mars 2014

René Char et Raúl Gustavo Aguirre

René Char et Raúl Gustavo Aguirre


61 ans après la publication d'un hommage du poète argentin Raúl Gustavo Aguirre (1927-1983) au poète français René Char (1907-1988) dans la revue d'avant-garde
« poesía buenos aires », ces deux grands poètes se rencontrent dans un livre publié par Gallimard. La veuve de Char, Marie-Claude, lors d'une visite à Buenos Aires rencontre la veuve de Raúl Gustavo Aguirre, Marta, et lui propose de s'occuper de la publication de la correspondance entre ces deux poètes. C´est chose faite. Le livre est présenté au Salon du Livre de Paris de 2014. C´est l´année de l'Argentine ! C'est une sage décision des organisateurs car il y a longtemps que la littérature française occupe une place de choix dans la culture argentine !
Quant à René Char, s'il était venu à Buenos Aires en 1953, lors de la publication du numéro double de la revue, il aurait certainement été surpris par sa popularité dans le milieu de la jeune poésie « porteña ». Bien qu'éditée à seulement 600 exemplaires « poesía buenos aires » a laissé des traces indélébiles dans le style de l'écriture poétique.
Alain disait que : « Le poème est un miracle, le seul miracle humain ». La publication de ce livre en est la preuve !


16 mars 2014

La culture maltraitée



Quand on parle de crise économique, dans un pays de culture, les jeunes artistes doivent, préventivement, faire quelques trous supplémentaire à leur ceinture...L'art et la culture étant considérés, dans un pays comme la France, comme un luxe – puisque, dans un système de culture bourgeoise, les modestes sont exclus – c'est évident qu'on commence par réduire les subventions à tout ce qui n'a pas une valeur commerciale établie. C'est-à-dire que l'Etat soutient, dans ces moments difficiles, ceux qui n´en on pas besoin et laisse tomber les autres. Quoi qu'il en soit l'art devient, de plus en plus, une marchandise exclusive. Mais ne l'a-t-il pas toujours été ? Sait-on, par exemple que l'opéra, qui bénéficie d'un important budget de fonctionnement, ne concerne que 3% de la population française ? Et que, si les spectateurs devaient payer le prix réel du billet d'entrée, plus personne n'irait à l'opéra ? Ce qui est valable pour l'opéra l'est aussi pour toutes les expositions de prestige. Le prix des entrées et les revenus de la boutique, au Louvre, ne couvrent même pas le 20% du coût de fonctionnement. Pourtant qui visite, en grand nombre, le Louvre sinon les touristes étrangers et les provinciaux ? Est-ce ça la politique culturelle ?...

 Donc, quand André Rouillé dénonce les réductions - bien réelles - des subventions de l'Etat à la Culture, il est utile de s'enquérir de quelle culture il s'agit ! Si l'Etat fait des économies, dans une période de crise, sur les activités historiques et sur les fonctionnaires, en surnombre, du Ministère nous pourrions le comprendre. Mais si les économies sont faites sur les créateurs de culture vivante et populaire, nous ne sommes plus d'accord !

07 mars 2014

Les poètes des DOM-TOM en colère




Quelques poètes des îles souhaitent une société avec plus de « poétique ». Le « pouvoir d'achat » et le « panier de la ménagère » sont importants mais ne sont pas suffisants pour donner un sens à l'existence. Ils veulent qu'on fasse la différence entre les produits « de première nécessité » et ceux de « haute nécessité ». L'idée de « haute nécessité » serait : « tout ce qui constitue le coeur de notre souffrant désir de faire peuple et nation, d'entrer en dignité sur la grand-scène du monde, et qui ne se trouve pas aujourd'hui au centre des revendications en Martinique et en Guadeloupe, et bientôt sans doute en Guyane et à la Réunion ». En bref, nos territoires d'outre-mer revendiquent le respect et la dignité pour leur propre culture. C'est-à-dire qu'ils demandent, aux autorités politiques françaises, la chose qu'elles ont le plus de mal à admettre : un système fédéral de gouvernement.
Le pouvoir centralisateur parisien n'est pas près - malgré ses simagrées de décentralisation - à accepter les particularismes de chacune de ses régions. La recherche de l'unité du peuple français, par l'éducation publique et l'impérialisme culturel de Paris, pourraient même trouver une justification politique légitime : l'égalité républicaine. Mais quand on connaît le mépris des élites parisiennes pour les provinces et les provinciaux (les ploucs...), sur son propre territoire, on voit mal comment ils pourraient accepter les spécificités culturelles de leurs - appelons-les par leur nom - colonies d'outre-mer.

 Ne craignent-ils pas qu'après la lutte pour une plus grande autonomie des régions, ne vienne l'exigence légitime des peuples pour leur indépendance ?  

27 février 2014

L´écologie aussi nous concerne


Vélib + poubelle + les enfants perdus



 Mon petit dossier parle aussi d´écologie. On le signale, certes, bien que chaque consommateur de produits industriels participe activement, chaque jour, au remplissage des poubelles avec, entre autres, des emballages plastiques. Des résidus solides qui seront encore là, dans mille ans, pour témoigner, de notre manque de civisme. Mais que faire pour obliger les industriels a utiliser des emballages recyclables ou de détérioriation rapide et propre ? Comment empêcher que les nombreux produits toxiques, versés dans les dépôts d´ordures ménagères, atteignent, entraînés par l´eau de pluie, l´eau des rivières ou celle du sous-sol ? Et que dire des déchets toxiques ou radioactifs produits en grandes quantités par les industries civiles ou militaires ? Combien de bateaux-poubelles ont – malencontreusement ?... – coulé dans le fond des océans ? Combien de sous-marins à propulsion atomique rouillent, lentement, au fond des mers avant de libérer leur poison ? Combien de temps encore pourrons-nous manger du poissons et des légumes frais sans nous exposer à de graves intoxications ? Nous assistons au développement terrifiant, dans les pays à haut niveau de vie, de certaines maladies comme le cancer, le diabète ou l´asthme ainsi que des affections inguérissables comme alzheimer ou parkinson, dont ni les médecins ni les chercheurs peuvent (ou veulent ?...) nous expliquer l´origine ! Malgré les cotisations obligatoires à la Sécurité Sociale, les soins de santé sont devenus tellement coûteux et le nombre de malades tellement important que toutes les caisses sont déficitaires. Les industries et leurs produits sont-il aussi inoffensifs que les industriels l´affirment ?

21 février 2014

Parfois

Panko -  ©Emi Baron


Parfois je voudrais pouvoir dire :

Voilà c'est moi
voilà ce que j'ai fait
avec mes rêves et mon âme
avec le temps qui casse
le temps qui fane
sans laisser de traces
avant de fleurir
avant de mûrir
avant même notre naissance
et cette peur dans les tripes
cette peur de mourir dans la crasse
cette peur de vivre qui lasse
de tant de vide
dans le trop plein
du désespoir quotidien.

16 février 2014

La publicité commerciale




Je crois que si on questionnait, dans la rue d'une grande ville, les passants et on leur demandait de répondre sans réfléchir : A quoi pensez-vous ?... Une majorité répondraient, spontanément : « A une grande marque ! » Il semblerait même que 80% du marché publicitaire en France soit financé par seulement 0,04% des entreprises. Le chiffre d´affaires annuel de la publicité - qui dépasse les 30 milliards d'euros par an (!!!) – a, bien entendu, un impact dévastateur sur l'esprit des populations ! Depuis la plus tendre enfance nous subissons, inévitablement, un bombardement incessant de slogans publicitaires pervers qui annihilent, en nous, tout esprit critique.
Cette semaine, un ami brésilien me racontait qu'il avait rencontré, en Europe, un compatriote dans un supermarché qui se réjouissait de retrouver la même marque de pâte dentifrice qu'au Brésil ! Il était persuadé que Colgate étaient un produit brésilien !

On estime les dépenses mondiales, en publicité, à plus de 450 milliards de dollars par an. Par ailleurs, un économiste tiers-mondiste a calculé qu'avec 161 milliards on pouvait nourrir, éduquer et soigner tous les enfants pauvres du monde. Soit d'un côté 450 milliards pour stimuler la consommations de produits industriels - pas toujours très utiles - et de l'autre 161 milliards, introuvables, pour une action humanitaire pourtant urgente et indispensable, pour sauver des millions d'enfants de la faim et de la misère ! Est-ce que les dirigeants politiques, des pays industriels, admettent leur part de responsabilité dans cette situation ?...Ne pourrait-ils pas taxer les dépenses en publicité pour financer l´aide humanitaire ?

09 février 2014

A lire et à méditer





En 2010 j´ai réuni, dans un livre artisanal, cinq articles sur la situation politique et culturelle de la France pour l´envoyer aux copains qui partagent mon indignation. Ces articles étaient les suivants :
-« La publicité nuit gravement à la santé de l´environnement » par Michael Löwy et Etienne Rodary.
-« Le manifeste de neuf intellectuels antillais pour des sociétés pos-capitalistes ».
-« La culture pour une économie durable » et « La culture sous le régime impérial » par André Rouillé.
-« Meilleurs voeux pour 2010 » par Jean-Luc Gonneau.
Ces textes et ces commentaires engagés, que mon épouse a glanés sur internet, sont insuffisamment diffusés. Ces articles, inquiétants par leur franchise et leur clairvoyance, ne sont guère publiés par la presse dite « libre » qui envahit les kiosques à journaux. La « globalisation », dont certains journalistes parlent sans trop approfondir le sujet, n´est rien d´autre que le totalitarisme ploutocratique qui nous gouverne.

Bien que les opinions hostiles au gouvernement ne soient plus punies, en Europe, par des persécutions ou des disparitions, les contestataires sont toujours considérés comme des perturbateurs de l´ordre. Mais, de nos jours, les méthodes « démocratiques » de conditionnement des cerveaux sont plus subtiles. Partout, sans interruptions, nous recevons des milliers de messages publicitaires qui nous transforment en dociles consommateurs de produits industriels. L´essentiel, voyez-vous, c´est que vous souteniez le « libre marché » en achetant toujours plus...  

02 février 2014

Logement

Logements à Montmartre dont un saccagé par des vandales



Chacun doit avoir un toit
un refuge
un emploi
chacun doit pouvoir construire
un cabanon ou une villa
pour avoir son petit chez-soi
en ciment en briques
ou en bois
des murs des fenêtres
des portes et un toit
un pays
et un vrai emploi
pour vivre heureux
chez soi
entouré d´amour et d´amis.

Encore une utopie ?...Merde alors !
Pourquoi la vie est-elle si compliquée ?

26 janvier 2014

Le crédit en Argentine en 1940



Dans ma jeunesse, en Argentine, on ne connaissait pas le crédit de longue durée. On achetait quelque chose de cher que quand on avait les moyens de le payer... au comptant. Il n´y avait que dans les films où parfois, pour faire rire, on voyait l´élégant héro se cacher de son tailleur de quartier car il lui devait encore de l´argent sur son dernier costume. Le costume était la grande dépense somptuaire, obligatoire, de l´ouvrier. Pourquoi obligatoire ? Car pour entrer dans une salle de cinéma ou dans n´importe quel restaurant ou lieu de spectacle, il fallait avoir veste et cravate. Même au lycée c´était, pour les garçons, veste et cravate obligatoires (pour les filles c´était la blouse blanche. Bien entendu les lycées n´étaient pas mixtes !). Par ailleurs, un ouvrier ne pouvait pas monter, en vêtements de travail, dans un bus. Toutes les usines avaient des douches et des vestiaires pour que les ouvriers puissent se changer avant de partir. Souvent ils échangeaient leur bleu de travail, contre un beau costume et une chemise blanche agrémentée d´une cravate ainsi que de chaussures bien cirées. Le prolo sortait de la crasse de son atelier pour se transformer, dans la rue, en prince charmant. Il devenait, au niveau de l´élégance, l´égal du patron sauf que le patron se distinguait du salarié, par sa voiture personnelle.

Par contre si les modestes ne s´endettaient pas au-delà de leurs possibilités financières, l´épicier, le boucher, le boulanger et le laitier (qui laissait ses bouteilles de lait devant la porte de la maison !) se faisaient payer une fois par mois, le jour après la réception du salaire. Plus tard, les commerçants savaient que c´était très risqué !

Chroniques indignées II

18 janvier 2014

Les patrons ont-ils gagné ?...




Que peut dire ou faire le petit peuple des électeurs, quand il découvre que les responsables politiques, qu’il a élus pour qu'ils gouvernent et défendent les intérêts de leur pays, ont signé, par négligence ou par opportunisme , des accords internationaux qui les empêchent d 'exercer leurs fonctions? Ils n'ont plus aucun pouvoir car ils ont été manipulés et dépossédés par le seul vrai décideur, dans un pays capitaliste : l'argent ! Le Medef ose affirmer: « Sans nous vous ne pouvez pas gouverner ». Mais certains citoyens responsables se posent la question de savoir, si c'est encore possible de gouverner avec eux ?
Pourtant les patrons, malgré les nombreux avantages obtenus, ne sont toujours pas contents ! Pour eux payer des impôts sur le revenu est un abus de pouvoir de l’État !

Pour investir en France ils demandent à l’État d'alléger les charges, de réduire les impôts, de donner plus de souplesse dans la gestion du personnel, de généraliser les contrats à durée limitée, etc. Il exigent, pour que l'entreprise soit compétitive, tellement de mesures au détriment des travailleurs, qu'un retour à l'esclavage n'est plus à écarter. Malgré les avantages qu'ils ont obtenus les entrepreneurs s'éloignent, progressivement, à travers les achats et les ventes en bourse , de leurs pays d'origine et s'installent dans des « paradis fiscaux » qui leur offrent tellement de facilités au niveau des impôts, des salaires et des capitaux que plus aucun pays développé (soit les pays jusqu'alors dominants, car industrialisés et socialement avancés) ne pourra céder, à leurs exigences, sans tomber dans la déchéance sociale. Jusqu'où iront-ils ?... 

Chroniques indignées II