20 avril 2014

Solidarité



C´est un mot magique
qui va bien au-delà de la
liberté-égalité-fraternité
de notre République
car à quoi bon la liberté
sans amour et générosité ?
A quoi bon l´égalité sans
la camaraderie de l´amitié ?
Quant à la fraternité
sans affection et respect 
mieux vaut l´oublier !

Si vous ne me croyez pas
demandez à un notaire
il pourra vous expliquer
comment un héritage
peut devenir une guerre
où on voit les sœurs
où on voient les frères
pour un bout de terre
se haïr et s´entre-tuer.

La solidarité
c´est l´amour de la justice
c´est l´amour du prochain
la solidarité
c´est aussi la générosité
c´est se tenir par la main.

La solidarité
c´est la plus pure morale
celle qui sème le bien
la solidarité
c´est quand vous partagez
vos joies avec vos voisins.

La solidarité
c´est tous ensemble
pour apporter de l´aide
la solidarité
c´est donner son soutien
aux oubliés et aux faibles.

La solidarité
c´est les dix commandements
de notre vie en société
la solidarité
c´est bien l´accomplissement
d´un désir de générosité.

La solidarité
est la formule magique
pour apprendre à donner
et à partager la musique
pour vivre en paix.


Oui, pour vivre en paix.




Poèmes prolos 

14 avril 2014

Les mains sales





L'homme des villes modernes
se divise en deux catégories :
Les travailleurs manuels
aux mains sales
et les employés de bureau
aux mains propres.

Tout deux font tourner le moteur
des machines à fabriquer
de l´argent pour les investisseurs.
Les patrons eux sont à part
les patrons n'ont pas peur
car les banques leur prêtent
votre argent pour que les banquiers
ne se salissent pas les mains.
Les mains sales sèment récoltent
fabriquent réparent transportent
habillent nourrissent soignent
transforment nettoient abreuvent
nos sillons de leur sang.

Les mains propres
peuvent mépriser l'ouvrier
car ils savent compter
l´argent du patron
par milliers et par millions.
Car c´est comme ça
ne me demandez pas pourquoi
le petit peuple est si con.

Le matin tôt les trains de banlieues
transportent par wagons entiers
ces hommes gris et tristes
vers l´usine ou le chantier
toujours les premiers arrivés
et pourtant mes amis
toujours les derniers servis
car le prolo est une machine
qui exécute des ordres
sans penser et sans opiner
d´autres appuis sur les leviers.

Ne me demandez pas pourquoi
c´est toujours comme ça
pourquoi, oui, pourquoi l´ouvrier
qui fait le plus dur travail
est toujours le moins bien payé
c´est comme ça et voilà tout ?

On remplace dans les usines
la main de l´ homme
par des machines
on produit toujours plus
plus vite et plus beau
avec l´assistance de l´électronique
mais on ne peut pas remplacer
le consommateur par des robots.
L´ouvrier au chômage
est une mauvaise affaire
pour l´Etat et pour l´économie
trop d´automatisme tue l´industrie
pourquoi les entrepreneurs
refusent de comprendre
qu'ils scient la branche
sur laquelle ils sont assis ?

Pourquoi ce sont toujours
les mêmes qui trinquent
la loterie des perdants
toujours derrière
toujours derrière
et comme dit la chanson
jamais devant.

La misère accrochée au cou
le prolo parfois s'agite
syndicat grève et coups
de poing levé et colère
les patrons ont peur
on menace les actionnaires
de cordes et de lampadaires
c´est la révolte des travailleurs
contre les machines
contre les horaires
et contre le rythme imposé
qui d´année en année s´accélère
pendant que le syndicat négocie
une augmentation de salaire.
C´est comme ça
ne me demandez pas pourquoi
je ne suis qu'un vieux poète
pourquoi l´homme est si bête
et si peu solidaire
et pourtant il en crève
oui mes amis il en crève
qu'il soit riche ou pauvre
patron ou prolétaire

tous finissent au cimetière.


Poèmes prolos

06 avril 2014

Conclusion optimiste

Verkebäck - Suède



 Malgré les industriels pollueurs, malgré les banquiers spéculateurs, malgré les politiciens corrompus, malgré les journalistes qui rampent, malgré les porteurs d'uniformes uniformément déformés par la haine de la juste révolte, malgré les silencieux craintifs, malgré les collabos actifs, malgré les canailles, les sans scrupules, les traître, malgré les marchands d'armes, de drogues, de femmes, malgré les fanatiques religieux et malgré les supporters des équipes nationales de football, malgré les raz-de-marée, les tremblements de terre, la sécheresse dans le désert et les inondations là où il pleut trop, malgré le chômage, les grêves et les chefs de bureau, malgré les terroristes, les racistes et les tayloristes, malgré les milliers d'avions dans le ciel et les millions de voitures dans les villes, malgré les abus de produits chimiques dangereux dans l'agriculture industrielle, malgré la « mal-bouffe » dans les pays où les gens meurent de trop manger et malgré les carences alimentaires dans les régions de famine, malgré les ravages du sida, du cancer, du paludisme et, ne l'oublions pas, de l'âge, malgré les femmes infidèles et les maris détrousseurs de femmes de chambres emigrées, malgré les échecs professionnels, les mariages ratés et les divorces réussis, malgré les déceptions et les trahisons j'affirme que la vie vaut la peine d´être vécue. Oui, la vie peut être belle et lumineuse. Pas toujours, certes, mais tant qu'il y aura des poètes qui se battent pour la justice sociale, pour plus de solidarité, pour plus de liberté, pour plus de générosité il y aura l'espoir d'un monde meilleur. Oui, une ronde aimable où il fera bon vivre tous ensemble.    

30 mars 2014

Anti-sarkosisme est-il constructif ?




Depuis sept ans, Jean-Luc Gonneau, sous divers pseudonymes, fustige l'Etat UMP et son chef suprême Sarkosy. La « Gauche Cactus », qu'il revendique, n'est guère plus tendre quand il s'agit de critiquer la gauche molle qui s'agite – avec un certain succès – pour prendre la relève. Gonneau, comme les autres auteurs de ce petit recueil, rêve d'une profonde réorientation de la politique. Il prône d'indispensable changements de pneus et même de bicyclettes et non pas de rustines de dépannage ! On ne passe pas de la monarchie à la république sans changer les structures de l´Etat. On ne passera pas du capitalisme sauvage, pollueur et destructeur d'emplois, en faisant des courbettes aux patrons délocalisateurs d'industries et champions de l´évasion fiscale.
Les patrons escrocs doivent savoir qu'ils risquent de tout perdre. Tant qu'on ne considérera pas, comme en Suède à l'époque de la social-démocratie, que tricher sur la déclaration d'impôts est un crime, il y aura toujours des fraudeurs. Par ailleurs, les produits en provenance d'entreprises étrangères qui ne respectent pas les lois internationales du travail - ces lois existent - doivent être fortement taxés. Puis les entreprises nationales, qui ne respectent pas les règles du jeu, doivent être nationalisées et transformées en coopératives.

Il ne faut plus tergiverser quand il s'agit de questions aussi grave que le chômage, la pollution de l'air et de l´eau – donc de la santé publique – et l'aménagement de la production et de l'habitat pour l'économie d'énergie. Tout pour le bien-être des populations. L'heure est venue de changer radicalement la société...C´est urgent !

23 mars 2014

René Char et Raúl Gustavo Aguirre

René Char et Raúl Gustavo Aguirre


61 ans après la publication d'un hommage du poète argentin Raúl Gustavo Aguirre (1927-1983) au poète français René Char (1907-1988) dans la revue d'avant-garde
« poesía buenos aires », ces deux grands poètes se rencontrent dans un livre publié par Gallimard. La veuve de Char, Marie-Claude, lors d'une visite à Buenos Aires rencontre la veuve de Raúl Gustavo Aguirre, Marta, et lui propose de s'occuper de la publication de la correspondance entre ces deux poètes. C´est chose faite. Le livre est présenté au Salon du Livre de Paris de 2014. C´est l´année de l'Argentine ! C'est une sage décision des organisateurs car il y a longtemps que la littérature française occupe une place de choix dans la culture argentine !
Quant à René Char, s'il était venu à Buenos Aires en 1953, lors de la publication du numéro double de la revue, il aurait certainement été surpris par sa popularité dans le milieu de la jeune poésie « porteña ». Bien qu'éditée à seulement 600 exemplaires « poesía buenos aires » a laissé des traces indélébiles dans le style de l'écriture poétique.
Alain disait que : « Le poème est un miracle, le seul miracle humain ». La publication de ce livre en est la preuve !


16 mars 2014

La culture maltraitée



Quand on parle de crise économique, dans un pays de culture, les jeunes artistes doivent, préventivement, faire quelques trous supplémentaire à leur ceinture...L'art et la culture étant considérés, dans un pays comme la France, comme un luxe – puisque, dans un système de culture bourgeoise, les modestes sont exclus – c'est évident qu'on commence par réduire les subventions à tout ce qui n'a pas une valeur commerciale établie. C'est-à-dire que l'Etat soutient, dans ces moments difficiles, ceux qui n´en on pas besoin et laisse tomber les autres. Quoi qu'il en soit l'art devient, de plus en plus, une marchandise exclusive. Mais ne l'a-t-il pas toujours été ? Sait-on, par exemple que l'opéra, qui bénéficie d'un important budget de fonctionnement, ne concerne que 3% de la population française ? Et que, si les spectateurs devaient payer le prix réel du billet d'entrée, plus personne n'irait à l'opéra ? Ce qui est valable pour l'opéra l'est aussi pour toutes les expositions de prestige. Le prix des entrées et les revenus de la boutique, au Louvre, ne couvrent même pas le 20% du coût de fonctionnement. Pourtant qui visite, en grand nombre, le Louvre sinon les touristes étrangers et les provinciaux ? Est-ce ça la politique culturelle ?...

 Donc, quand André Rouillé dénonce les réductions - bien réelles - des subventions de l'Etat à la Culture, il est utile de s'enquérir de quelle culture il s'agit ! Si l'Etat fait des économies, dans une période de crise, sur les activités historiques et sur les fonctionnaires, en surnombre, du Ministère nous pourrions le comprendre. Mais si les économies sont faites sur les créateurs de culture vivante et populaire, nous ne sommes plus d'accord !

07 mars 2014

Les poètes des DOM-TOM en colère




Quelques poètes des îles souhaitent une société avec plus de « poétique ». Le « pouvoir d'achat » et le « panier de la ménagère » sont importants mais ne sont pas suffisants pour donner un sens à l'existence. Ils veulent qu'on fasse la différence entre les produits « de première nécessité » et ceux de « haute nécessité ». L'idée de « haute nécessité » serait : « tout ce qui constitue le coeur de notre souffrant désir de faire peuple et nation, d'entrer en dignité sur la grand-scène du monde, et qui ne se trouve pas aujourd'hui au centre des revendications en Martinique et en Guadeloupe, et bientôt sans doute en Guyane et à la Réunion ». En bref, nos territoires d'outre-mer revendiquent le respect et la dignité pour leur propre culture. C'est-à-dire qu'ils demandent, aux autorités politiques françaises, la chose qu'elles ont le plus de mal à admettre : un système fédéral de gouvernement.
Le pouvoir centralisateur parisien n'est pas près - malgré ses simagrées de décentralisation - à accepter les particularismes de chacune de ses régions. La recherche de l'unité du peuple français, par l'éducation publique et l'impérialisme culturel de Paris, pourraient même trouver une justification politique légitime : l'égalité républicaine. Mais quand on connaît le mépris des élites parisiennes pour les provinces et les provinciaux (les ploucs...), sur son propre territoire, on voit mal comment ils pourraient accepter les spécificités culturelles de leurs - appelons-les par leur nom - colonies d'outre-mer.

 Ne craignent-ils pas qu'après la lutte pour une plus grande autonomie des régions, ne vienne l'exigence légitime des peuples pour leur indépendance ?  

27 février 2014

L´écologie aussi nous concerne


Vélib + poubelle + les enfants perdus



 Mon petit dossier parle aussi d´écologie. On le signale, certes, bien que chaque consommateur de produits industriels participe activement, chaque jour, au remplissage des poubelles avec, entre autres, des emballages plastiques. Des résidus solides qui seront encore là, dans mille ans, pour témoigner, de notre manque de civisme. Mais que faire pour obliger les industriels a utiliser des emballages recyclables ou de détérioriation rapide et propre ? Comment empêcher que les nombreux produits toxiques, versés dans les dépôts d´ordures ménagères, atteignent, entraînés par l´eau de pluie, l´eau des rivières ou celle du sous-sol ? Et que dire des déchets toxiques ou radioactifs produits en grandes quantités par les industries civiles ou militaires ? Combien de bateaux-poubelles ont – malencontreusement ?... – coulé dans le fond des océans ? Combien de sous-marins à propulsion atomique rouillent, lentement, au fond des mers avant de libérer leur poison ? Combien de temps encore pourrons-nous manger du poissons et des légumes frais sans nous exposer à de graves intoxications ? Nous assistons au développement terrifiant, dans les pays à haut niveau de vie, de certaines maladies comme le cancer, le diabète ou l´asthme ainsi que des affections inguérissables comme alzheimer ou parkinson, dont ni les médecins ni les chercheurs peuvent (ou veulent ?...) nous expliquer l´origine ! Malgré les cotisations obligatoires à la Sécurité Sociale, les soins de santé sont devenus tellement coûteux et le nombre de malades tellement important que toutes les caisses sont déficitaires. Les industries et leurs produits sont-il aussi inoffensifs que les industriels l´affirment ?

21 février 2014

Parfois

Panko -  ©Emi Baron


Parfois je voudrais pouvoir dire :

Voilà c'est moi
voilà ce que j'ai fait
avec mes rêves et mon âme
avec le temps qui casse
le temps qui fane
sans laisser de traces
avant de fleurir
avant de mûrir
avant même notre naissance
et cette peur dans les tripes
cette peur de mourir dans la crasse
cette peur de vivre qui lasse
de tant de vide
dans le trop plein
du désespoir quotidien.

16 février 2014

La publicité commerciale




Je crois que si on questionnait, dans la rue d'une grande ville, les passants et on leur demandait de répondre sans réfléchir : A quoi pensez-vous ?... Une majorité répondraient, spontanément : « A une grande marque ! » Il semblerait même que 80% du marché publicitaire en France soit financé par seulement 0,04% des entreprises. Le chiffre d´affaires annuel de la publicité - qui dépasse les 30 milliards d'euros par an (!!!) – a, bien entendu, un impact dévastateur sur l'esprit des populations ! Depuis la plus tendre enfance nous subissons, inévitablement, un bombardement incessant de slogans publicitaires pervers qui annihilent, en nous, tout esprit critique.
Cette semaine, un ami brésilien me racontait qu'il avait rencontré, en Europe, un compatriote dans un supermarché qui se réjouissait de retrouver la même marque de pâte dentifrice qu'au Brésil ! Il était persuadé que Colgate étaient un produit brésilien !

On estime les dépenses mondiales, en publicité, à plus de 450 milliards de dollars par an. Par ailleurs, un économiste tiers-mondiste a calculé qu'avec 161 milliards on pouvait nourrir, éduquer et soigner tous les enfants pauvres du monde. Soit d'un côté 450 milliards pour stimuler la consommations de produits industriels - pas toujours très utiles - et de l'autre 161 milliards, introuvables, pour une action humanitaire pourtant urgente et indispensable, pour sauver des millions d'enfants de la faim et de la misère ! Est-ce que les dirigeants politiques, des pays industriels, admettent leur part de responsabilité dans cette situation ?...Ne pourrait-ils pas taxer les dépenses en publicité pour financer l´aide humanitaire ?