Le port de Dakar était, en 1940, assez spacieux et les quais bien aménagés. Le commerce de l´arachide, principale exportation, devait être très rentable. Certaines de nos colonies étaient alors, quoi qu´on dise, une bonne source de revenus pour la France. Les terres gratuites et la main d´œuvre bon marché assuraient une confortable plus- value des produits agricoles. Puis les colonies étaient également un débouché, sans concurrence, pour nos produits de consommation, invendables ailleurs. Plus tard on a donné, à certains pays, l´indépendance mais on a gardé, autant que possible, le contrôle des affaires. On a appelé ce néocolonialisme : la Coopération...
Mais en 1940 c´est la France vaincue qui était devenue une colonie. Une colonie allemande. Dans le port, sillonné de pirogues africaines, dormait, inutile, un puissant cuirassé: le Jean Bart, ainsi que quelques vedettes.
L´Alsina, notre bateau, se trouvait parfois ancré dans le port. Quand nous n´étions pas à quai, une barque faisait quelques allers et retours. Nous étions libres de nos mouvements. Nous allions nous baigner dans une crique près du port et nous pêchions des oursins très nombreux sur les rochers. Parfois nous nous promenions dans la ville ou sur les marchés. Nous n´achetions jamais rien, car nous continuions a êtres nourris sur le bateau. Le commandant attendait l´autorisation d´appareiller vers notre destination : Buenos Aires. Les mois passèrent et l´autorisation n´arriva pas. Par contre il reçut, soudain, l´ordre de nous conduire à Casablanca. Dès notre arrivée nous fûmes transportés, dans de vieux bus, vers un camp de concentration ! Qui connaît l´histoire de ce camp au Maroc ?...
Les poèmes et indignations d'Yvan Avena (1930-2015), poète et créateur de la galerie Art Club.
09 février 2010
05 février 2010
Guerre
La violence des mots
de guerre
et de haine de l'inconnu
d'en face
que nous assassinons
avant même de nous connaître
de guerre
et de haine de l'inconnu
d'en face
que nous assassinons
avant même de nous connaître
03 février 2010
Souvenirs du grand départ

Quand je mis les pieds sur “l´Alsina”, le gros bateau qui devait nous amener en Argentine, j´ai compris que ma vie avait changé. Ce fut le début d´une grande aventure...une aventure qui n´arrêta jamais.
J´avais alors 10 ans et, pour la première fois, un vrai copain de mon âge. C´était Antonio Abrínez qui, avec ses parents et son frère, venaient de fuir l´Espagne de Franco. Sur le même bateau avaient embarqué, vers l´exil, plusieurs membres du gouvernement républicain espagnol, dont l´ancien Président Niceto Alcalá Zamora. Il y avait aussi beaucoup de juifs qui s´échappaient de l´Europe nazie et une dizaine d´argentins rapatriés. L´Alsina, qui avait aménagé les cales en dortoirs, transportait un grand nombre de passagers. Il y avait les dortoirs des femmes et des enfants et ceux des hommes. La salle à manger, qui fonctionnait en plusieurs tours, réunissait les familles autour de repas simples mais copieux. Pour moi, qui ne connaissait que la vie assez rustique du petit paysan, c´était des vacances merveilleuses. A mes yeux l´Alsina était ce que fut, plus tard, le “Club Med” pour beaucoup de Français ; puis il y avait l´immensité de la mer et surtout, plus d´école ! Ce fut la période la plus heureuse de mon enfance.
Après je ne sais plus combien de jours de navigation, nous arrivâmes à Dakar. Quelle fête pour les yeux et les narines ! Ce n´était pas la jungle du cinéma, mais c´était très différent de ce que j´avais connu en Provence. Le port sentait la cacahuète et des centaines de noirs chargeaient des sacs destinés aux huileries françaises. La guerre n´empêchait pas les bonnes affaires !..
P.D. l'Alsina : 1921 - Coulé en 1942 à Bougie par une attaque aérienne allemande
02 février 2010
Souvenirs de guerre
Je me souviens de la déclaration de la guerre en France. Oui, je n´avais que 9 ans et je m´en souviens encore. Nous étions en vacances dans un village du Massif Central. Les gens se précipitaient devant la Mairie pour lire l´avis de ”mobilisation générale”(le 24 août 1939).
- C´est la guerre !- disaient les femmes en pleurant. J´avais seulement compris, dans tout ce remue-ménage, que les vacances étaient finies et qu´il fallait rentrer à la maison. La guerre fut vite terminée à Marseille. Il y eu quelques alertes (nous nous refugiâmes chez ma grand-mère paternelle où il y avait une cave profonde sous la terrasse). Mon père, qui après quelques déboires dans son élevage à Salon de Provence (dont il accusait le gouvernement...) et un échec en pays gascon, s´était installé à Marseille et commençait, tout en cultivant des légumes et en élevant des lapins, à faire le commerce de fruits (qu´il allait chercher à Salon de Provence). Son affaire marchait plutôt bien. Il fournissait quelques épiciers du coin en fruits et légumes qui, en échange, lui vendaient certains produits rationnés. La guerre n´affectait pas trop notre modeste train de vie. Nous mangions à notre faim. Mais voilà que commencèrent les restrictions d´essence. Le commerce avec Salon devenait problématique et la petite ferme que mon père exploitait ne suffisait plus à couvrir tous nos besoins. Ce fut alors qu´eut lieu la rencontre avec un groupe de “gauchos” argentins qui avait accompagné un bateau chargé de chevaux et qui était coincé à Marseille. Une impressionnante grillade, avec un agneau entier, fut organisée, avec la participation du consul argentin. C´est là où est née l´idée de partir en Argentine. C´était en 1940.
- C´est la guerre !- disaient les femmes en pleurant. J´avais seulement compris, dans tout ce remue-ménage, que les vacances étaient finies et qu´il fallait rentrer à la maison. La guerre fut vite terminée à Marseille. Il y eu quelques alertes (nous nous refugiâmes chez ma grand-mère paternelle où il y avait une cave profonde sous la terrasse). Mon père, qui après quelques déboires dans son élevage à Salon de Provence (dont il accusait le gouvernement...) et un échec en pays gascon, s´était installé à Marseille et commençait, tout en cultivant des légumes et en élevant des lapins, à faire le commerce de fruits (qu´il allait chercher à Salon de Provence). Son affaire marchait plutôt bien. Il fournissait quelques épiciers du coin en fruits et légumes qui, en échange, lui vendaient certains produits rationnés. La guerre n´affectait pas trop notre modeste train de vie. Nous mangions à notre faim. Mais voilà que commencèrent les restrictions d´essence. Le commerce avec Salon devenait problématique et la petite ferme que mon père exploitait ne suffisait plus à couvrir tous nos besoins. Ce fut alors qu´eut lieu la rencontre avec un groupe de “gauchos” argentins qui avait accompagné un bateau chargé de chevaux et qui était coincé à Marseille. Une impressionnante grillade, avec un agneau entier, fut organisée, avec la participation du consul argentin. C´est là où est née l´idée de partir en Argentine. C´était en 1940.
30 janvier 2010
Courant d'air
Il venait il partait
comme un courant d'air
il manquait pas d'air
avec son air important.
Moi, qui ne cours jamais,
j'avais l'air de ne pas bouger
et j'avoue que j'en menais pas large
chaque fois qu'il me disait
de me dépêcher
pour rattraper
les mauvaises années.
Puis un jour il manqua d'air
pour son déjeuner
et maintenant il est sous terre
immobile dans son cercueil
il n'est plus pressé :
le temps l'a rattrapé...
27 janvier 2010
Souvenirs de départs
Depuis l´âge de six ans je n´ai connu qu´une succession de départs. Pourtant mon père était un paysan. Mais une race spéciale de paysans : celle des émigrants. D´ailleurs il était né en Argentine.
Je ne connais guère l´histoire de mes ancêtres piémontais et gascons. Mais je pense qu´elle rejoint celle de millions de petits paysans de la fin du XIXème siècle qui avaient beaucoup d´enfants et peu de terre !
Les grands-parents piémontais avaient émigré en Argentine. Dans l´Ouest, au pied de la Cordillère des Andes, ils avaient défriché une centaine d´hectares de désert, ils avaient amené l´eau du fleuve par un canal et ils avaient planté de la vigne. Ils firent fortune dans le vin et s´installèrent sur une colline à Marseille. Ils appelèrent leur propriété “L´Américaine”! D´ailleurs, la petite route qui mène à la cité d´HLM, qui fut construite sur les anciennes prairies, s´appèle, encore aujourd´hui, le “Chemin de l´Américaine”. C´est dans le quartier de Saint-Antoine.
Le grand-père maternel gascon venait du village de Saint-Germé, dans le Gers. La grand-mère était née à Arles mais mon grand-père l´aurait rencontrée en Algérie, pendant son service militaire dans les spahis. Les paysans français, habitués à une vie rude chez eux, faisaient de bons soldats dans les colonies. Mais c´est à la guerre des Dardanelles qu´il fut envoyé, et ensuite dans les tranchées à Verdun. En tout il fit six ans de “service militaire” ! Il détestait l´armée ! Mes grands-parents commencèrent leur vie de couple comme concierges de ”maison bourgeoise” à Paris. Ils devinrent, plus tard, éleveurs de poules à Marseille. La guerre les renvoya dans le Gers.
Je ne connais guère l´histoire de mes ancêtres piémontais et gascons. Mais je pense qu´elle rejoint celle de millions de petits paysans de la fin du XIXème siècle qui avaient beaucoup d´enfants et peu de terre !
Les grands-parents piémontais avaient émigré en Argentine. Dans l´Ouest, au pied de la Cordillère des Andes, ils avaient défriché une centaine d´hectares de désert, ils avaient amené l´eau du fleuve par un canal et ils avaient planté de la vigne. Ils firent fortune dans le vin et s´installèrent sur une colline à Marseille. Ils appelèrent leur propriété “L´Américaine”! D´ailleurs, la petite route qui mène à la cité d´HLM, qui fut construite sur les anciennes prairies, s´appèle, encore aujourd´hui, le “Chemin de l´Américaine”. C´est dans le quartier de Saint-Antoine.
Le grand-père maternel gascon venait du village de Saint-Germé, dans le Gers. La grand-mère était née à Arles mais mon grand-père l´aurait rencontrée en Algérie, pendant son service militaire dans les spahis. Les paysans français, habitués à une vie rude chez eux, faisaient de bons soldats dans les colonies. Mais c´est à la guerre des Dardanelles qu´il fut envoyé, et ensuite dans les tranchées à Verdun. En tout il fit six ans de “service militaire” ! Il détestait l´armée ! Mes grands-parents commencèrent leur vie de couple comme concierges de ”maison bourgeoise” à Paris. Ils devinrent, plus tard, éleveurs de poules à Marseille. La guerre les renvoya dans le Gers.
23 janvier 2010
A CEUX QUI N’ONT RIEN INVENTE
A ceux qui n’ont rien inventé
la roue
l’écrou
et le triple verrou
à ceux qui n’ont pas inventé
la poudre
la foudre
et la machine à coudre
à ceux qui n’ont pas inventé
le galion
l’avion
et la chair à canon
à ceux qui n’ont pas inventé
la priorité
la rentabilité
et la liberté des marchés
à ceux qui n’ont pas inventé
les horaire les honoraires
et leurs fidèles mercenaires
à ceux qui n’ont pas inventé
à ceux qui n’ont rien demandé
à ceux qui n’ont toujours rien
à ceux qui ont encore peur et faim.
(hommage à Frantz Fanon)
LES POEMES DU GEBA, Bissau 1991
la roue
l’écrou
et le triple verrou
à ceux qui n’ont pas inventé
la poudre
la foudre
et la machine à coudre
à ceux qui n’ont pas inventé
le galion
l’avion
et la chair à canon
à ceux qui n’ont pas inventé
la priorité
la rentabilité
et la liberté des marchés
à ceux qui n’ont pas inventé
les horaire les honoraires
et leurs fidèles mercenaires
à ceux qui n’ont pas inventé
à ceux qui n’ont rien demandé
à ceux qui n’ont toujours rien
à ceux qui ont encore peur et faim.
(hommage à Frantz Fanon)
LES POEMES DU GEBA, Bissau 1991
21 janvier 2010
Souvenirs d´enfance
Parfois on se réveille le matin avec un souvenir de notre enfance. Notre première peur, notre première entorse aux règles parentales, nos premières déceptions, nos premiers émois, nos premières dissimulations. Des faits insignifiants que nous transportons, pendant toute la vie dans la mémoire, sans savoir pourquoi.
Je crois que mon plus vieux souvenir de terreur c´est un cauchemar : un boa constricteur m´étouffait. Je poussais un cri qui réveilla mes parents. J´avais vu cette scène dans un film. J´ai également garder dans ma mémoire la scène du film ”La charrette fantôme” où Louis Jouvet, dans un cabaret, jette son mégot dans le verre d´un homme et le regarde dans les yeux jusqu´à ce qu´il en boive le contenu. J´avais alors 8 ou 9 ans et j´en garde un frisson de dégoût. De peur aussi.
Parmi les choses qu´y m´étaient défendues de faire, c´était de m´approcher de l´étang qui séparait notre ferme de celle du voisin. Un jour mes parents m´achetèrent une paire de bottes en caoutchouc. Je ne résistais pas à l´attrait de les essayer en pénétrant dans la grande mare, couverte de joncs, jusqu´à ce que l´eau inonde mes bottes. Si j´étais tombé dans un trou profond, on aurait eu beaucoup de mal à retrouver mon cadavre. Après, craignant que ma mère s´aperçoive que mes bottes étaient mouillées, je les enlevais et les faisait sécher au soleil. Ceci est arrivé il y a près de 74 ans et pourtant je me souviens encore des détails de mon “aventure” et de mes inquiétudes. Ce fut l´un de mes premiers défis à l´autorité de mes parents. Ce fut aussi l´un de mes secrets les plus cachés. Ils n´ont jamais rien su !
Je crois que mon plus vieux souvenir de terreur c´est un cauchemar : un boa constricteur m´étouffait. Je poussais un cri qui réveilla mes parents. J´avais vu cette scène dans un film. J´ai également garder dans ma mémoire la scène du film ”La charrette fantôme” où Louis Jouvet, dans un cabaret, jette son mégot dans le verre d´un homme et le regarde dans les yeux jusqu´à ce qu´il en boive le contenu. J´avais alors 8 ou 9 ans et j´en garde un frisson de dégoût. De peur aussi.
Parmi les choses qu´y m´étaient défendues de faire, c´était de m´approcher de l´étang qui séparait notre ferme de celle du voisin. Un jour mes parents m´achetèrent une paire de bottes en caoutchouc. Je ne résistais pas à l´attrait de les essayer en pénétrant dans la grande mare, couverte de joncs, jusqu´à ce que l´eau inonde mes bottes. Si j´étais tombé dans un trou profond, on aurait eu beaucoup de mal à retrouver mon cadavre. Après, craignant que ma mère s´aperçoive que mes bottes étaient mouillées, je les enlevais et les faisait sécher au soleil. Ceci est arrivé il y a près de 74 ans et pourtant je me souviens encore des détails de mon “aventure” et de mes inquiétudes. Ce fut l´un de mes premiers défis à l´autorité de mes parents. Ce fut aussi l´un de mes secrets les plus cachés. Ils n´ont jamais rien su !
18 janvier 2010
L´amitié...
J´ai déjà signalé que le poète argentin Raúl Gustavo Aguirre disait que “le plus important de la poésie ce sont les amis”. Parmi ceux qu´ils qualifiaient d´amis il y avait tout le groupe de “poesía buenos aires” : Nicolás Espiro, Wolf Roitman, Edgard Bayley, Rodolfo Alonso, Mario Trejo, Omar Rubén Aracama, Jorge Carrol, Luis Yadarola et aussi Daniel Saidón, Carmelo Arden Quin, Juan Carlos Paz, Jorge de Souza sans oublier les étrangers comme René Ménard, Carlos Drummond de Andrade et René Char et j´arrête là car, si je continuais la liste de tous les amis de Raúl Gustavo Aguirre et de la revue “poesía buenos aires”, je remplirais plusieurs pages. J´en ai connu plusieurs...
Quant à l´amitié de ceux qui m´aidèrent, pendant plus de trois quart de siècle, à traverser la forêt, pleine de dangers et de pièges, qu´est une vie de voyages et de découvertes, je leur offre toute ma reconnaissance. Merci les amis ! Merci ! Ils sont tellement nombreux qu´il me faudrait plusieurs années et plusieurs livres pour leur rendre hommage. A chaque étape de ma vie j´ai rencontré des gens biens, des gens généreux, des compagnons de route qui m´ont enseigné ce qu´on ne trouve pas dans les livres ni à l´école ni à l´église : l´expérience de la vraie vie. Oui, ils m´ont appris ce que les parents cachent, ce que les enseignants n´ont pas le droit de dire, ce que les prêcheurs religieux dissimulent : l´inextricable complexité des relations humaines ! C´est dans le contact affectif avec les autres, c´est dans les échanges, c´est dans l´amour et aussi dans la haine que nous portons aux autres qu´on trouve nos repaires, nos forces et aussi... nos propres limites.
Quant à l´amitié de ceux qui m´aidèrent, pendant plus de trois quart de siècle, à traverser la forêt, pleine de dangers et de pièges, qu´est une vie de voyages et de découvertes, je leur offre toute ma reconnaissance. Merci les amis ! Merci ! Ils sont tellement nombreux qu´il me faudrait plusieurs années et plusieurs livres pour leur rendre hommage. A chaque étape de ma vie j´ai rencontré des gens biens, des gens généreux, des compagnons de route qui m´ont enseigné ce qu´on ne trouve pas dans les livres ni à l´école ni à l´église : l´expérience de la vraie vie. Oui, ils m´ont appris ce que les parents cachent, ce que les enseignants n´ont pas le droit de dire, ce que les prêcheurs religieux dissimulent : l´inextricable complexité des relations humaines ! C´est dans le contact affectif avec les autres, c´est dans les échanges, c´est dans l´amour et aussi dans la haine que nous portons aux autres qu´on trouve nos repaires, nos forces et aussi... nos propres limites.
14 janvier 2010
Je pourrais aussi vous parler de mon âme
Je pourrais vous parler de guerre
des morts en Afrique ou en Irak
du chômage en France des sans abri.
Je pourrais vous parler du gâchis
des inondations des incendies
de la sécheresse et de la messe
du CAC-40 et du couac 2040
(la fin annoncée du pétrole bon marché)
mais aucun éditeur de poésie
ne voudrait de mon poème
toton tontaine, que nenni !
Pourquoi parler de choses vilaines ?
Raconte-moi ton âme profonde
et parle d´oiseaux et de fontaines
et tu n´auras que des amis, poète,
toton tontaine, et quels amis !...
des morts en Afrique ou en Irak
du chômage en France des sans abri.
Je pourrais vous parler du gâchis
des inondations des incendies
de la sécheresse et de la messe
du CAC-40 et du couac 2040
(la fin annoncée du pétrole bon marché)
mais aucun éditeur de poésie
ne voudrait de mon poème
toton tontaine, que nenni !
Pourquoi parler de choses vilaines ?
Raconte-moi ton âme profonde
et parle d´oiseaux et de fontaines
et tu n´auras que des amis, poète,
toton tontaine, et quels amis !...
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