15 décembre 2013

Cinéma




Hier soir nous découvrîmes, par hasard, un film nord-américain surprenant : « Walkout » produit par Edward James Olmos C`est le récit de la genèse (et de l´explosion) de la révolte de « chicanos » en Californie en 1968. Contre les institutions scolaires qui les discriminaient. A la fin du film le producteur signale, qu'avant cette révolte, seulement 25 jeunes, d'origine mexicaine, étaient admis à l´université. Après que ce mouvement de protestation d´étudiants (violemment réprimé par la police casquée et armée de bâtons !) ait obtenu le soutien, massif, des parents, des voisins et des amis pour que les 12 étudiants arrêtés soient libérés, les autorités scolaires portent enfin plus d´attention aux exigences culturelles, légitimes, des étudiants « latinos ». Suite à ce mouvement de protestation, ce sont 1.200 étudiants « chicanos » qui sont admis dans les universités américaines ! C´est l´histoire d´une juste révolte qui réussit, bien que le problème de l'émigration illégale de Méxicains aux Etats-Unis soit toujours autant réprimée par la police des frontières. Le vrai mur, en plaques d'acier, qui sépare le Mexique des Etats-Unis (Oui, ceci me rappelle un certain « rideau de fer » qui était considéré « ignoble » par les pays du « monde libre », donc par les Etat-Unis). S´agit-il d´un mur qui sépare deux pays ennemis ? Bien que ça puisse paraître étrange, ces deux pays voisins partagent un même marché commun, avec libre circulation des marchandises et des capitaux, mais pas des personnes ! Mais que penser de tous ces courageux journalistes qui dénonçaient le mur de Berlin et qui se taisent maintenant pour celui de Tijuana ?

Chroniques indignées II

08 décembre 2013

Le vieux poète handicapé III...

Elias Adasme


Je vais mettre fin à cette série sur les compétitions en m'opposant, sans ambiguïtés, à toutes les grandes rencontres sportives internationales médiatisées. Des rencontres entre jeunes sportifs, pour des matchs amicaux, seraient non seulement plus agréables et utiles, mais devraient se multiplier pour permettre aux régions et aux pays voisins de mieux se connaître. Chaque rencontre entre équipes de deux ou trois pays, pas plus (ceci pour éviter au pays qui accueille des investissements pharaoniques !). Les échanges sportifs seraient accompagnés de quelques conférences, illustrées de films, sur la culture des pays concernés et quelques visites, aux musées ou à un concert de musique contemporaine. Ces visites - qui ne dureraient pas plus de 10 jours - pourraient être organisées et, y compris, financées par de petites villes, ce qui éviterait la dépendance des organisateurs à la publicité commerciale des entreprises multinationales. Le premier mariage entre un jeune garçon et une jeune fille de deux villes éloignées (donc qui, sans ces rencontres sportives, ne se seraient jamais connus) ferait l´objet de grandes fêtes, à tour de rôle, dans chacune des villes concernées.

Nous recommanderions également, sans que ça soit obligatoire, d´essayer de pérenniser des échanges commerciaux ou culturels, même à très petites échelles, entre les deux villes concernées. Ces initiatives donneraient un sens social aux sport et une continuité dans les rapports, au-delà de l´exploit . Exploit qui, comme on le sait, n'a qu'une durée éphémère qui apporte plus de déceptions et d'amertume, à son entourage, que de réelles amitiés. 

Chroniques indignées II

01 décembre 2013

Le vieux poète handicapé II...

Graciela Sacco - Bocanada (2013) - Boulevard Raspail, Paris - © Daniel Avena


Que peut-on penser de ces grandioses et très médiatisées « Paraolympiades 2012 » de Londres ? Ma première réaction est positive : je pense que c´est louable de donner une chance, aux handicapés, de montrer qu´ils existent et n´ont aucune raison de se cacher ! Ils démontrent, par la même occasion, que malgré leur handicap (parfois très grave) ils peuvent non seulement partager l´existence des gens « normaux », mais même parfois les dépasser par des exploits physiques...Si nous restons dans ce cadre idylique, nous ne pouvons pas faire autrement que de soutenir les organisateurs d´une telle fête. Mais comme nous ne sommes pas du genre à approuver, sans analyser un peu le pourquoi et le comment des choses, je vais poser aux organisateurs des jeux (qui ne me liront jamais, malgrè que je sois un poète handicapé) quelques questions occultées. « La poésie n´entre pas en compétition !... » disait le poète argentin Raúl Gustavo Aguirre !

-Est-ce acceptable que l´on mette en concurrence des athlètes - handicapés ou pas - en représentation de leur pays, pour savoir celui qui est le plus fort, le plus rapide ou le plus habile ? Est-ce la bonne méthode pour combattre le nationalisme borné et excluant et de favoriser la coopération pacifique entre pays ? Qu´en pense d´ailleurs le Secrètaire Général des Nations Unies ? Est-il favorable aux Jeux Olympiques, au Championat Mondial de Football et à toute les mutiples rencontres internationales sportives, généreusement subventionnées par la publicité des grands groupes industriels et financiers multinationaux ? Est-ce vraiment par amour du sport, qu´ils financent ?...

Chroniques indignées II

25 novembre 2013

Le vieux poète handicapé I...




Il y a quelques années nous étions à Limoges « Le pays de la belle porcelaine ». En réalité une porcelaine cuite, avec soin, à la températures adéquate (1350°C). Ce qui la différencie de la chinoise , bien moins chère mais d´aussi bonne qualité, c´est la décoration très XVIIIème siècle, avec des tas de fleurs entrelacées et parfois même des paysages avec des bergères. Disons que les clients potentiels ne peuvent être que des gens aisés ayant un goût atroce pour les fausses antiquités ! Je m´excuse auprès des fabricants de Limoges, mais je pense que, depuis l´avènement de la République en France, ils auraient pu faire évoluer leur décoration vers quelque chose de plus moderne ! Mais ce n´était pas le but de cet article...Je voulait tout simplement signaler que ce fut, dans un restaurant de Limoges où j´ai été pour la première fois confronté, visuellement, à la lutte d´un handicapé grave pour vivre « normalement ». Il arriva, seul, sur sa chaise roulante électrique et il choisit une table sur la terrasse : il n´avait pas de bras ! Plusieurs personnes, attablées près de l´handicapé, d´un air distrait, s´éloignèrent vers l'intérieur du restaurant. Moi-même, je l´avoue, j´ai pensé « est-ce que je vais pouvoir supporter, sans perdre l´appétit, le spectacle de son repas ?». D'ailleurs comment allait-il pouvoir se nourrir avec ses moignons de 15 cm qui sortaient de sa chemise ? Le garçon, sans s´émouvoir, pris la commande (il devait le connaître...). Quand le plat arriva avec sa demi bouteille de vin l´handicapé mit « les pieds dans le plat ! » et il les utilisa, avec autant de maîtrise et d´habileté que s´il avait ses deux mains ! Quelle leçon de courage !...

Chroniques Indignées II 

18 novembre 2013

Réalité et cinéma, même combat


Détail de "To be continued... (Latin American Puzzle) - 1997 Regina Silveira


Hier soir nous avons vu un bon western (oui, ça existe !) où les indiens n´étaient ni bons ni mauvais. « Willie Boy » (1969), dont le scénario était de Abraham Polonsky (d´après le roman d´Harry Lawton « Willie Boy »). Polonsky, comme le nom l´indique, était un juif communiste, c´est-à-dire appartenant à une ethnie minoritaire aussi persécutée, aux Etats-Unis, que les indiens ! La direction du film était assurée par Hal Poraire (!!!). Robert Redford, un acteur super-prestigieux - pour une participation plutôt secondaire - faisait le rôle, guère crédible à cette époque (au début du 20ème siècle), d´un sheriff intelligent et humain qui ne méprisait même pas les indiens. Inutile de dire que cette partie du film fut considérée par les blancs américains – et non seulement du Nord - trop hermétique, trop intellectuelle et naïve (c´est-à-dire, soyons clairs, trop communiste et anti-américaine !)...
Depuis que les Etats-Unis ont un Président « radis noir » (soit noir dehors et blanc dedans !) ils n´admettent plus qu´un pays comme, par exemple la France colonialiste, puisse les accuser de racisme.
D´ailleurs j´ai entendu dire que les membres du Klu-klux-klan, depuis les inondations dans le Sud oú se sont noyés des centaines (des milliers ?...) de nègres, ont nommé Dieu leur grand guide spirituel. Il semblerait même (mais ça reste à confirmer...) qu'ils ont dessiné sur leur capuchon blanc, à la hauteur de la bouche, un sourire satisfait.
Les Etats-Unis d´Amérique (si vous n´avez pas compris ce que sous-entend le nom de ce pays c´est que vous n'êtes pas Latino-américain...), nous surprendront toujours !...

10 novembre 2013

Encore un départ de série !



Après 10 ou 12 pages de blog écrites, j´ouvre une nouvelle série car il m´est déjà arrivé, par un caprice inattendu de l´ordinateur, de tout perdre ! Et quand je n´ai pas eu la prudence de copier mes articles, au fur et à mesure que je les écris (ce que je ne fais toujours pas !), si la machine les avale, mes textes sont perdus à jamais ! Et comme on dit humoristiquement « café bouillu café foutu », je dis de mes écrits : « Texte disparu texte foutu ! » car, souvent mes articles, cogités la nuit dans ma tête, si je ne les écris pas en me rêveillant, tels que mon subconscient me les restitue, je les oublie. Il m´arrive même d´oublier, quand je commence à écrire un nouvel article, le sujet de l´antérieur.

Bien que très rationnel (j´étais ingénieur en mécanique !) dans ma démarche intellectuelle, souvent inspirée du vécu et de la réalité immédiate, je le suis beaucoup moins au moment d´écrire. Mon esprit prend ses aises et navigue au gré des vents et des courants. Je n´ai jamais pu discipliner entièrement, ma façon de penser, en fonction de mes intérêts professionnels. Je n´ai jamais « fait carrière ». Quand je commençais à être reconnu dans un domaine, quand je maîtrisais assez bien une technique, un milieu, un environnement social, j´avais envie d´en connaître un autre. Quand je pouvais réaliser un travail intellectuel, même complexe d´ingénierie, sans trop d´effort, je commençais à m´ennuyer ! On pourra même dire que «  je fuyais mes responsabilités », mais la routine, qui pour certains est reposante, me plongeait dans une angoisse insupportable. Je changeais donc plusieurs fois de travail et parfois aussi, contre mon gré, de pays et de femme.

Chroniques indignées II

03 novembre 2013

Good morning Mr. Bean !




Aujourd´hui, j´ai commencé la journée avec une lettre à Momo (Momo étant Monique, mon épouse préférée). Le sujet principal de ma lettre était le film que nous avons vu à la télévision hier soir « Les vacances de Mr. Bean » qui part à Cannes, pendant le Festival du cinéma. C´est l´histoire de ses rencontres en France, sans billet de train, sans argent et sachant dire en français, en tout et pour tout, oui et non ! Mr. Bean entretient, pendant 1 heure ½, notre attention et en plus il nous fait rire (ce qui est de plus en plus rare). Mr. Bean est l´un des derniers démolisseurs dadaïstes de sociétés rationnelles !
Je comparais, dans « ma lettre à Momo », Mr. Bean à Chaplin et à Marceau, car tout trois sont des mimes qui font rire aux éclats (et qui feront rire encore longtemps) en se moquant obstensiblement de nos sociétés dites modernes.
Chaplin lui nous montrait dans ses films les difficultés d´un vagabond pour survivre au Etats-Unis. Tout en faisant rire, il était le seul cinéaste à dénoncer, dans ses films, les horreurs du capitalisme sauvage. Cet acteur /producteur – millionnaire - accusé par les autorités des Etats-Unis d´activités communistes subversives (!!!), a dû plus tard s´exiler en Suisse. C´est quand même troublant de rappeler que les Etats-Unis se veulent les défenseurs de la liberté et de la démocratie dans le monde !

Marceau, lui, je connais moins bien. Les cinéastes français n´ont guère utilisé son immense talent de mime pour des films. Pour « Les enfants du paradis » (qui est considéré comme l´un des meilleurs films de l´histoire du cinéma), c´est Jean-Louis Barrault qui fit le rôle de mime !



Chroniques indignées II

27 octobre 2013

Les quatre frêres ennemis !



José Antonio Terry "La enana Chepa con su cantaro" 1923


Il y a en France quatre grands partis de droite : L´extrême droite, la droite classique, la droite du centre et la droite sociale, soit le parti socialiste.
-L´extrême droite nous la connaissons bien, malgré qu´elle n´ait jamais été élue pour diriger la France. Elle combat, avec autant de hargne, la droite classique (qui lui pique ses meilleures idées quand ça l´arrange), que toutes les idées de gauche (qu´elles soient modérées où extrêmes, peu importe), car ce sont tous des ennemis de la France. L´extrême droite (qui n´accepte plus d´être considérée « extrême », car ça lui fait perdre une partie des votes des racistes modérés) se considère la seule et unique option pour une France réservée aux vrais Français. C´est un mouvement qui, avec la montée du chômage, gagne de plus en plus d´adhérents car, comme disait Coluche : Que faire avec « Tous ces étrangers qui débarquent en France pour venir manger le pain de nos arabes ! ».
-La droite classique, qui gouvernait la France avec une confortable majorité, a perdu, ces dernières années, toutes les élections régionales et nationales. Elle se retrouve dans l´opposition « amère ». Chaque fois qu´on leur offre un micro ils critiquent, avec violence, le gouvernement socialiste de ne pas avoir fait en quatre mois ce qu´eux n´ont pas réussi à réaliser en cinq ans !
-Le Centre, qui a perdu toute crédibilité parmi les électeurs, essaye de créer un nouveau parti de « Centre Droite » !
Pour quand un parti d´Extrême Centre ? Allez, courage !

-Les Socialistes sont maintenant au pouvoir. Ils essayent de gouverner à gauche, avec l´accord des patrons du CAC 40 !

Chroniques indignées II

19 octobre 2013

The boiler is the vessel in which the steam is produce !

Le 104



C´est la seule phrase que j´ai retenue, après un an de cours d´anglais au lycée technique Otto Krause. Ce lycée qui, comme le nom l´indique, avait été créé par un ingénieur d´origine allemande, sur un modèle original qu´il avait, je pense, inventé pour initier les Argentins aux métiers techniques. Car en Argentine, comme aujourd'hui en Afrique, il n´existait pas de techniciens et d´ingénieurs intermédiaires pour faire tourner les machines et diriger les chantiers. Les ouvriers étaient, majoritairement, formés sur le tas, et n´avaient aucune connaissance théorique et les « Ingénieurs » sortis de l´université n´avaient aucune pratique du travail manuel. Donc chacun, avec des raisons valables, méprisait l´autre, sans jamais s´entendre sur la façon d´organiser au mieux la production. Les produits que fabriquaient ces usines étaient souvent chers et de basse qualité et ne pouvaient se vendre qu´en créant des barrières douanières exorbitantes. Les riches achetaient, au prix fort, les produits importés. Les classes moyennes, pour ressembler aux bourgeois, avaient parfois recours aux produits de contrebande. Pour les plus modestes leurs principales dépenses somptuaires étaient l´habillement (pour la frime) et la nourriture abondante pour la famille.

Donc L´Otto Krause, dans lequel on entrait par concours (où tout au plus 20% des candidats étaient admis !) se faisait en deux parties : la première était un bac technique qui durait 5 ans et la deuxième étape de deux ans donnait accès à un diplôme de « Technicien supérieur » que, dans les pays nordiques, on nomme simplement « ingénieur » et en France « Ingénieur Art et Métier ». 

Chroniques indignées II

07 octobre 2013

C´est facile de critiquer !


Misère à Montmartre


« C´est facile de critiquer ! » : Disent, l´air penaud ou furibond, selon leur caractère et l´objet de la critique, ceux qui la subissent (quand il s´agit d´honneur ou d´argent , là on ne rigole plus !). Moi, qui critique beaucoup les institutions (mais beaucoup moins les personnes) je ne dirais pas que c´est tellement facile car, pour critiquer, si on veut rester objectif, il faut fournir des preuves nécessairement plus exigeantes que pour une apologie. D´ailleurs la publicité n´est-elle pas de l´apologie (bien) rémunérée ? On estime à près de 500 milliards de dollars les dépenses annuelles de publicité dans le monde. Quel peut bien être le chiffre d´affaires mondial de la critique ? Certainement il est dérisoire.

Je signale que ceux qui se plaignent d´une mauvaise critique ont tort. La plus mauvaise de toutes les critiques est le silence ! Quelles que soient vos activités publiques : la poésie, le roman, la peinture, le cinéma, une critique même négative, même méchante, prouve au moins que vous existez. Si vous êtes ignoré par la critique, vous pourrez protester, vous agiter, accuser, personne ne vous écoutera car vous êtes transparent pour le public. Votre oeuvre commence à exister quand elle est découverte par la critique. Bien que mal aimés, les critiques permettent aux artistes d´exister. Et nous avons observé que plus un critique est détesté, plus grande est sa renommée. Un bon critique est celui qui démoli 90% de ce qu´il regarde et admire, avant tout le monde, quelques oeuvres originales ignorées du public !


Chroniques indignées II